NOUVELLES
28/04/2016 02:00 EDT | Actualisé 29/04/2017 01:12 EDT

Migrants: l'Italie veut faire connaître à l'Autriche son mécontentement

Le gouvernement italien devrait manifester jeudi sa colère auprès de l'Autriche, à l'occasion d'une rencontre ministérielle, après la confirmation par Vienne de sa volonté de réintroduire des contrôles à sa frontière italienne.

Le ministre autrichien de l'Intérieur, Wolfgang Sobotka, est attendu jeudi après-midi à Rome, où il doit s'entretenir avec son homologue italien Angelino Alfano.

Dès mercredi, plusieurs membres du gouvernement italien, dont son chef Matteo Renzi, ont vivement réagi à la confirmation des projets autrichiens au tunnel du Brenner, un des axes principaux de transit entre l'Italie et le nord de l'Europe.

La police autrichienne a expliqué mercredi que des contrôles pourraient être instaurés fin mai, pour le trafic ferroviaire mais aussi sur l'autoroute reliant les deux pays, en raison du risque d'un afflux de migrants via l'Italie.

"L'hypothèse d'une fermeture du Brenner, est outrageusement contre les règles européennes, contre l'Histoire, la logique et l'avenir", a réagi M. Renzi.

"La fermeture des frontières à l'intérieur de l'espace Schengen ne peut pas être décidé par les seuls Etats membres", a rappelé de son côté le ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni.

Mais pas question pour autant de représailles unilatérales, Rome cherchant avant tout à obtenir que l'Union européenne prenne ses responsabilités et fasse respecter les règles.

C'est le message qui a été transmis mercredi par M. Alfano au commissaire européen à l'Immigration, Dimitris Avramopoulos, venu en Sicile inaugurer le nouveau contre opérationnel de Frontex, l'agence européenne de contrôles des frontières.

"Au lieu d'élever des murs, nous devrions construire des ponts, et donc, ce qui est en train de se passer entre l'Autriche et l'Italie doit être expliqué et clarifié par Vienne", a répété M. Avramopoulos lors d'une conférence de presse commune avec M. Alafano.

"Nous comprenons que des pays aient certaines difficultés et subissent des pressions, mais ce qui nous préoccupe, c'est que l'on mette ainsi en discussions Schengen et la libre circulation des citoyens", a ajouté le commissaire européen.

Quelque 2.500 camions et 15.000 voitures transitent en moyenne chaque jour par le tunnel du Brenner, axe économique crucial pour l'Italie et ses entreprises exportant vers le nord de l'Europe. Le tunnel est aussi emprunté par les centaines de milliers de touristes allemands et d'Europe du nord qui viennent chaque année en Italie.

ob/fcc/phv