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28/04/2016 07:14 EDT | Actualisé 29/04/2017 01:12 EDT

Les bombardement s'intensifient à Alep, offensive annoncée du régime syrien

Le régime syrien se prépare à lancer l'offensive pour reconquérir la province septentrionale d'Alep, où l'intensification des bombardements et des combats a provoqué la mort d'environ 200 personnes en une semaine.

"Il est temps de lancer la bataille pour la libération complète d'Alep", a annoncé jeudi à Damas al-Watan, un quotidien bien informé et proche du pouvoir.

"Ce n'est pas un secret que l'armée syrienne et ses alliés ont préparé cette bataille décisive pour purifier Alep des terroristes. Elle commencera dans peu de temps et se terminera rapidement", assure le journal dans son éditorial.

L'objectif du régime du président Bachar al-Assad est de reprendre la partie d'Alep aux mains des rebelles qui lui échappe depuis quatre ans. La deuxième ville du pays est en effet divisée depuis juillet 2012 entre les quartiers gouvernementaux à l'ouest et ceux contrôlés par les rebelles à l'est.

La situation à Alep préoccupe fortement l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui a appelé la Russie et les Etats-Unis, parrains d'une trêve entrée en vigueur le 27 février mais bien mal en point aujourd'hui, à prendre une "initiative urgente".

- 'Révoltant' -

Les raids aériens meurtriers menés par le régime sur les quartiers rebelles et les bombardements des insurgés sur les quartiers gouvernementaux ont fait 200 tués et des centaines de blessés en une semaine, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Jeudi, au moins 53 civils ont été tués. 31 d'entre eux, dont trois enfants, ont trouvé la mort dans les raids du régime contre les quartiers rebelles, dont celui très populaire de Boustane al-Qasr. 22 personnes, dont deux enfants, ont été tuées et 40 autres blessées dans des bombardements rebelles contre cinq quartiers gouvernementaux, a précisé l'OSDH.

Dans le quartier de Boustane al-Qasr, un correspondant de l'AFP a constaté que tous les immeubles visibles avaient été touchés, leurs vitres ayant explosé. "Aujourd'hui, c'est tout le quartier qui a été dévasté par les avions", a témoigné un habitant.

Pour le Comité international de la Croix Rouge, Alep est désormais "aux portes d'un désastre humanitaire". "Où que vous alliez, vous entendez les explosions de mortiers, les bombardements et le vol des avions", selon Valter Gros, le représentant du CICR dans la ville. "Les habitants vivent sur le fil du rasoir. Tous craignent pour leur vie et personne ne sait ce qui va advenir".

Mercredi, les raids avaient déjà causé la mort de 30 personnes, dont le dernier pédiatre exerçant dans le secteur rebelle d'Alep, selon la défense civile.

Ces frappes du régime ont notamment visé l'hôpital Al-Quds, où de nombreux civils, mais aussi des médecins et des infirmiers, ont été tués, selon les secouristes connus sous le nom de Casques blancs.

"Nous ne pouvons pas identifier (tous les corps). Certains sont carbonisés, d'autres n'ont plus de tête ou ont le visage totalement défiguré", a indiqué à l'AFP l'un d'eux.

Médecins sans frontières, qui soutenait l'hôpital, a condamné cet acte "révoltant ayant encore visé un centre de santé en Syrie". Cet établissement était "le principal centre pédiatrique de la région" et "employait huit médecins et 28 infirmières", a précisé l'ONG, en rappelant que le droit international interdit de prendre les hôpitaux pour cible.

- Urgence humanitaire -

Dans ce conflit extrêmement complexe qui se focalise actuellement dans la province d'Alep, 53 rebelles, notamment islamistes, et 11 combattants des Forces démocratiques syriennes (alliance arabo-kurde) ont été tués dans des combats dans la zone de Tal Rifaat, une ville contrôlée par les Kurdes.

Les rebelles ont attaqué mercredi la localité mais ont été repoussés par les Kurdes. Des photos diffusées sur les réseaux sociaux montrent les corps de rebelles morts placés à l'arrière d'un semi-remorque dans la ville kurde d'Afrin. Il s'agit, selon l'OSDH, du plus grand nombre de rebelles tués dans une bataille contre les Kurdes.

M. de Mistura a réuni jeudi le Groupe de travail sur l'accès humanitaire et le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), composé de 17 pays sous la co-présidence de la Russie et des Etats-Unis.

A l'issue de la réunion, l'ONU a averti que des centaines de milliers de Syriens risquaient de ne plus pouvoir recevoir d'aide d'urgence si les combats se poursuivaient.

"Les enjeux sont incroyablement élevés pour les prochaines heures et prochains jours (...) car il y a tant de vies humaines dans la balance", a dit Jan Egeland, qui dirige le Groupe de travail humanitaire.

Selon lui, des convois d'aide ont pu être acheminés dans plus de 52% des zones assiégées, ce qui a permis d'accéder à 255.000 personnes.

Mais 35 localités, où vivent quelque 905.000 personnes, ne peuvent toujours pas être visitées par les agences d'aide, a regretté M. Egeland, en citant Douma, Harasta, Daraya, Erbine, Zamalka et Zabdin.

bur-sk/jri