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28/04/2016 09:24 EDT | Actualisé 29/04/2017 01:12 EDT

Leicester retient son souffle

Leicester est plongé dans l'attente fébrile d'un titre de champion que tout le monde pensait inaccessible dans cette ville tranquille du centre de l'Angleterre devenue, au fil des exploits, la sensation du soccer mondial.

Le rêve, ils sont nombreux dans les rues de la cité des Midlands à ne pas encore oser le caresser, par peur de porter malheur.

Mais si Leicester s'impose dimanche à Manchester United, l'incroyable deviendra bien vrai et la Premier League aura son plus improbable champion de tous les temps, coté à 5000 contre 1 en début de saison.

La perspective inspire aux habitants de cet ancien haut lieu du textile une fierté immense, presque tapageuse. Ce n'est pourtant pas le genre de la maison. Point de passage sur la route des grandes villes du Nord, Leicester est une ville de 330 000 habitants sans véritable réputation, ni bonne ni mauvaise.

Ici, on aime surtout cultiver la discrétion. C'est une cité paisible, endormie, à l'écart des grands axes de l'information.

Mais ça, c'était avant que la folie du soccer ne réveille le volcan. « La ville est en effervescence, partout on ne voit que du bleu (la couleur du club), constate Anna Hulewicz-Brown, qui a dû mal à reconnaître sa ville d'habitude si sage.

Vendredi, la température va encore monter d'un cran, habitants et magasins ayant été invités à se draper de bleu. Certains ont pris de l'avance. Dans les pubs de la ville, on s'enivre depuis des semaines déjà aux « Vardy Bombs », le cocktail au nom de l'attaquant vedette.

« On ne me parle plus que de foot », constate le maire, Peter Soulsby, noyé sous les demandes des médias du monde entier pour tenter d'expliquer le miracle.

L'an dernier, Leicester a enterré le roi Richard III, dont les ossements avaient été découverts sous un stationnement municipal 500 ans après sa mort.

Son inhumation avait effectivement braqué les projecteurs sur la ville. Mais selon les partisans, l'épopée des footballeurs dépasse tout.

« Ils ont mis Leicester sur la carte du monde », souligne Prami Singh, un habitué du stade.

Des joueurs près des partisans

Les gens sont fiers d'appartenir à une ville réputée pour son cosmopolitisme. Les hordes de touristes ayant envahi certains stades anglais n'ont pas encore trouvé le chemin du stade King Power.

Un ancrage local fort, c'est exactement ce que revendique Scott Lee, 43 ans. Au marché couvert de Leicester, il travaille sur l'étal de fruits et légumes ayant appartenu à la famille de Gary Lineker, dont le nom figure toujours sur une pancarte surplombant les bananes.

Vénéré comme un demi-dieu à Leicester, l'ex-international anglais, devenu présentateur vedette à la BBC, a promis de présenter son émission en caleçon en cas de titre.

Scott Lee est fier de le voir passer « de temps en temps », tout comme les joueurs actuels, « des gars accessibles, pas des petits farceurs prétentieux ».

« Ici, on a les pieds sur terre. L'autre jour, je suis tombé sur (l'attaquant japonais) Shinji Okazaki. Je n'ai pas trop compris ce qu'il disait, mais il est adorable. On ne verrait pas ça à Chelsea », dit M. Lee.

Le titre de la Premier League n'est pas encore gagné que les partisans rêvent déjà de Ligue des champions l'an prochain.