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28/04/2016 08:45 EDT | Actualisé 29/04/2017 05:12 EDT

Le régime syrien prépare la bataille d'Alep, près de 200 morts en une semaine

GEORGE OURFALIAN via Getty Images
Syrian pro-government fighters look at smoke rising on the horizon following government air strikes on the Tal Sharba area, on the outskirts of the northern Syrian city of Aleppo, after they seized the area from Islamic State (IS) group jihadists on December 27, 2015. AFP PHOTO / GEORGE OURFALIAN / AFP / GEORGE OURFALIAN (Photo credit should read GEORGE OURFALIAN/AFP/Getty Images)

Le régime syrien se prépare à lancer l'offensive pour reconquérir la province septentrionale d'Alep, qui lui échappe depuis quatre ans, en intensifiant les bombardements qui ont fait près de 200 morts en une semaine.

"Il est temps de lancer la bataille pour la libération complète d'Alep", a annoncé jeudi à Damas al-Watan, un quotidien bien informé et proche du pouvoir.

"Ce n'est pas un secret que l'armée syrienne et ses alliés ont préparé cette bataille décisive pour purifier Alep des terroristes. Elle commencera dans peu de temps et se terminera rapidement", assure le journal dans son éditorial.

L'objectif du régime de Bachar al-Assad est de reprendre la partie d'Alep qui est aux mains des rebelles. La deuxième ville du pays et son principal carrefour commercial est divisée depuis juillet 2012 entre les quartiers gouvernementaux à l'ouest et ceux contrôlés par les rebelles à l'est.

La situation à Alep préoccupe fortement l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui s'est dit convaincu que le cessez-le feu, mis en place le 27 février sous les auspices de la Russie et des États-Unis pouvait "s’effondrer à tout moment". Il a donc appelé mercredi soir les deux parrains de cette trêve à prendre une "initiative urgente".

Un hôpital touché

Les raids meurtriers menés par le régime sur les quartiers rebelles et les bombardements des insurgés sur les quartiers gouvernementaux ont fait au moins 186 tués et des centaines de blessés en une semaine, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Jeudi, au moins 18 personnes, dont deux enfants, ont été tuées et 40 autres blessées dans des bombardements rebelles contre cinq quartiers gouvernementaux. Tandis que 20 autres, dont trois enfants, ont trouvé la mort dans des raids du régime contre deux quartiers rebelles, dont celui très populaire de Boustane al-Qasr, a précisé l'OSDH.

Les secouristes, qui sont totalement épuisés, recherchaient des victimes sous les décombres dans cette zone dévastée, a constaté le correspondant de l'AFP.

La veille, les raids avaient déjà causé la mort de 30 personnes, dont le dernier pédiatre exerçant dans le secteur rebelle d'Alep, selon la défense civile.

Ces frappes ont notamment visé l'hôpital Al-Quds, où de nombreux civils, mais aussi des médecins et des infirmiers, ont été tués, selon les secouristes connus sous le nom de Casques blancs.

"Nous ne pouvons pas identifier (tous les corps). Certains sont carbonisés, d'autres n'ont plus de tête ou ont le visage totalement défiguré", a indiqué à l'AFP l'un d'eux.

Médecins sans frontières et Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont condamné l'attaque contre cet hôpital qui était soutenu par ces deux organisations.

"Durant ces dernières 48 heures, un Syrien est mort toutes les 25 minutes", a dénoncé mercredi soir M. de Mistura.

Pas d'avancée diplomatique

L'émissaire devait réunir jeudi le Groupe de travail sur l'accès humanitaire et le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), qui regroupe 17 pays sous la coprésidence de la Russie et des États-Unis.

"Nous voulons obtenir cette réunion avant de lancer le nouveau round" de négociations de paix intersyriennes "au cours du mois de mai", a-t-il dit, après la fin du troisième cycle à Genève qui s'est achevé sans avancée.

À Damas, une source proche du régime a indiqué à l'AFP que la "vaste opération" planifiée par l'armée à Alep était destinée à "repousser les rebelles des alentours de la ville et à créer 'une zone de sécurité' autour de la cité en l'encerclant totalement".

Cependant, toutes les tentatives lancées jusqu'à présent pour repousser les rebelles ont échoué car les insurgés sont bien implantés dans cette région où la population leur est favorable.

"Reprendre la ville d'Alep, puis ensuite la totalité de la province, sera un coup sévère pour tous ceux qui pensent diviser la Syrie ou établir une quelconque entité (...) sans faire référence à la Constitution et à la volonté de la majorité du peuple", a affirmé al-Watan dans son éditorial.

Pour le journal, le régime a accepté de se conformer au cessez-le-feu pour faire plaisir à ses alliés russes, tout en sachant que "ses adversaires allaient en profiter pour renforcer leurs rangs, obtenir un soutien logistique et violer le cessez-le-feu afin de changer la réalité sur le terrain", a souligné le journal.