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28/04/2016 14:29 EDT | Actualisé 29/04/2017 01:12 EDT

La justice indienne rejette un recours contre l'extradition d'une Française au Chili

La Cour suprême indienne a rejeté jeudi le recours formé par une Française contre son extradition au Chili, qui la réclame pour son rôle présumé dans l'assassinat en 1991 d'un sénateur proche du général Pinochet.

Marie-Emmanuelle Verhoeven a été arrêtée en février 2015 à la demande de la justice chilienne via Interpol, peu après son entrée dans le pays à la frontière indo-népalaise. La Française, originaire de Nantes (ouest), est depuis détenue à Delhi.

La justice du Chili demande l'extradition de la cinquantenaire et la soupçonne d'avoir participé à l'assassinat du sénateur de droite Jaime Guzman Errazuriz en avril 1991 par un groupe d'extrême gauche, le Frente Patriotico Manuel Rodriguez (FPMR).

Mme Verhoeven avait introduit un recours contre son extradition. Ses avocats faisaient valoir que le traité d'extradition entre les deux pays, qui date de 1897, n'était pas valable car conclu au moment où l'Inde était toujours une colonie britannique et non ratifié après la partition du pays en 1947.

La Cour suprême a estimé jeudi que ce document était toujours valide, a expliqué à l'AFP une des avocates de la Française, Ramni Taneja. "C'est un gros coup, cela signifie que la procédure d'extradition va pouvoir suivre son cours. C'est dévastateur pour elle".

Dans un communiqué, Mme Taneja et son autre avocate, Clémence Witt, se disent "profondément choquées que l'Inde ait pu faire droit à cette demande d'extradition chilienne, dont le caractère politique ne fait aucun doute et qui est dépourvue de tout fondement juridique".

"Nous sommes également extrêmement inquiets de constater que Marie-Emmanuelle Verhoeven restera détenue dans l'attente de son extradition, dans des conditions très difficiles, alors que dès le 21 septembre 2015, la Haute Cour de justice de New Delhi avait jugé que son placement en détention provisoire était illégal", ajoutent-elles, appelant "la communauté internationale à se mobiliser".

La Cour suprême indienne avait déjà rejeté en novembre une demande de liberté provisoire.

Le sénateur Jaime Guzman, également professeur de droit, avait été abattu alors qu'il sortait de l'Université catholique du Chili. Il était considéré comme un des principaux inspirateurs de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

Mme Verhoeven avait déjà été arrêtée en janvier 2014 à l'aéroport de Hambourg, en Allemagne, à la demande de la justice chilienne. Elle avait été libérée en juin 2014.

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