POLITIQUE
28/04/2016 03:33 EDT

La clinique SABSA vit ses dernières heures (VIDÉO)

QUÉBEC – À moins d’un miracle, la clinique sans médecins SABSA mettra fin dimanche à son service de clinique sans rendez-vous pour la population vulnérable de Québec. Le ministère de la Santé refuse de reconnaître cette clinique de superinfirmières qui œuvre en marge du réseau de la santé.

Le financement fourni par le syndicat des infirmières, la FIQ, vient à échéance le 1er mai prochain. SABSA poursuivra son travail avec les personnes atteintes de l’hépatite C, mais devra cesser d’accueillir des patients qui présentent d’autres problèmes de santé.

À la mi-avril, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a fermé la porte à la création de cliniques sans médecins dans le réseau de la santé. Celles-ci existent pourtant en Ontario, où on retrouve un réseau de cliniques de superinfirmières, qui peuvent faire certains diagnostics et prescrire des traitements. Au Québec, les superinfirmières sont plutôt intégrées aux groupes de médecins de famille.

Gaétan Barrette souhaite que SABSA s’intègre au CLSC du quartier. Les usagers pourront suivre la clinque qui se trouve à «quatre minutes à pied, sur le plat» du CLSC, a noté le ministre.

Lors d’un point de presse en compagnie des fondatrices de la clinique à l’Assemblée nationale mercredi, la députée péquiste Agnès Maltais a raillé la proposition du ministre. «Il a invité la clientèle à faire 40 mètres à pied sur le plat, moi, je l'invite à faire 1,4 kilomètre dans sa grosse limousine en descendant une côte, en plus, a-t-elle lancé. Il serait capable peut-être de se rendre en basse-ville puis de voir qu'est-ce qui se passe là-bas.»

L’infirmière praticienne à l’origine du projet, Isabelle Têtu, a expliqué que sa clientèle vulnérable ne fréquente pas les CLSC, en raison de la lourdeur du processus. SABSA traite d’ailleurs les patients qui ne détiennent pas de cartes d’assurance-maladie.

La clinique affirme avoir traité 1 500 patients depuis octobre 2014. De ce nombre, près de la moitié avait été référés par des CLSC ou des hôpitaux avoisinants, selon Isabelle Têtu.

En dernier recours, SABSA a lancé récemment une campagne de sociofinancement sur le site Web La Ruche. Au moment d’écrire ces lignes, la clinique avait amassé un peu plus de 41 500$, soit seulement 16% de son objectif.

Depuis le début, la clinique SABSA était une tentative de démontrer la pertinence des cliniques de superinfirmières. De toute évidence, l’expérience n’a pas convaincu le ministre Barrette.

INOLTRE SU HUFFPOST