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27/04/2016 21:40 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

La Banque du Japon choisit le statu quo, à contre-pied des marchés

La Banque du Japon (BoJ) a décidé jeudi de maintenir en l'état sa batterie de mesures, décevant les fortes attentes des marchés face à une déflation tenace et une économie qui tourne au ralenti.

Elle était attendue au tournant après de nouvelles statistiques médiocres, sur fond d'essoufflement de la stratégie de relance ("abenomics") lancée il y a plus de trois ans par le Premier ministre Shinzo Abe.

Certains analystes avaient prédit un abaissement du niveau des taux négatifs, instaurés fin janvier pour tenter d'inciter les banques à prêter de l'argent aux ménages et entreprises plutôt que de le déposer dans ses coffres. Mais ils sont maintenus à -0,1%.

Une autre possibilité avait été évoquée: l'expansion du vaste programme d'achat d'actifs, principalement des obligations d'Etat. Las, le montant reste inchangé à 80.000 milliards de yens par an (quelque 640 milliards d'euros).

La banque centrale se dit cependant prête à agir "si nécessaire" pour atteindre sa cible d'inflation de 2%.

Elle en est pour l'heure très loin, sous l'effet notamment de la chute des cours du pétrole: selon des chiffres publiés en début de matinée, les prix à la consommation ont fléchi de 0,3% en mars comparés à leur niveau un an plus tôt. Il faut remonter à avril 2013, date du lancement d'une vaste réforme monétaire, pour trouver pareille baisse.

L'institution en a pris acte et abaissé ses prévisions concernant l'inflation, qui n'atteindra pas dans les délais espérés l'objectif de 2%, désormais attendu d'ici à mars 2018, au lieu de septembre 2017 auparavant.

La projection de croissance a aussi été dégradée: elle devrait s'établir à 1,2% en 2016-17 (contre 1,5% escomptés précédemment), et à 0,1% l'exercice suivant (contre 0,3%).

La Banque du Japon invoque, dans un communiqué, des "exportations plus faibles que prévu" et une certaine "prudence" des entrepreneurs, "reflet du ralentissement" des économies émergentes. La consommation des ménages est de même atone, avec une chute de 5,3% en mars.

La BoJ mentionne aussi l'impact sur la production industrielle des récents tremblements de terre qui ont frappé le sud-ouest du Japon et provoqué l'arrêt temporaire de plusieurs usines.

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