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28/04/2016 08:20 EDT | Actualisé 29/04/2017 01:12 EDT

L'ONU appelle à agir pour sauvegarder la trêve en Syrie

Le patron des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O'Brien a demandé jeudi aux belligérants et à la communauté internationale, en particulier Washington et Moscou, de sauvegarder le cessez-le-feu en Syrie afin de "mettre fin à des souffrances massives".

"Nous devrions tous avoir honte" de cette situation, a-t-il lancé en s'adressant au Conseil de sécurité par vidéo-conférence.

M. O'Brien a plaidé une nouvelle fois pour "un accès sûr, libre et sans conditions à l'aide humanitaire".

"Les parties au conflit, le Conseil de sécurité et les co-présidents du Groupe international de soutien à la Syrie doivent redoubler d'efforts pour réactiver la cessation des hostilités", a-t-il déclaré. Les Etats-Unis et la Russie co-président le Groupe.

Pour M. O'Brien, "il ne faut pas gâcher l'occasion offerte" par les négociations de Genève et par la trêve "de mettre fin aux souffrances massives de la population en Syrie".

"Le monde et la population syrienne ont besoin que vous agissiez". Sinon, a-t-il averti, "la situation ne peut que se détériorer davantage, au risque d'échapper à tout contrôle".

Il a particulièrement dénoncé les attaques contre les installations et le personnel médical, dont un hôpital à Alep touché mercredi.

"Cette semaine", a-t-il indiqué, "dans un convoi destiné à Rastan, les autorités syriennes ont retiré des médicaments, des ciseaux et du matériel d'anesthésie". "Cette pratique inhumaine provoque des souffrances inutiles et des pertes en vies humaines", a-t-il souligné.

Ces pratiques, proscrites par les lois internationales, sont utilisées "comme une arme de guerre en Syrie", a-t-il affirmé, demandant à Damas d'autoriser "sans délai" davantage de convois vers les zones difficiles d'accès.

L'ONU a demandé en mai à secourir 35 villes qui en ont "urgemment besoin".

Un autre haut responsable de l'ONU a averti jeudi que des centaines de milliers de Syriens risquaient de ne plus pouvoir recevoir d'aide d'urgence si les combats entre gouvernement et rebelles se poursuivent sur le terrain, en violation de la trêve.

Malgré des progrès accomplis depuis l'instauration du cessez-le-feu le 27 février, a expliqué Jan Egeland, qui dirige le groupe de travail humanitaire sur la Syrie, "tout cela peut être perdu si les combats et les bombardements de civils et de secouristes continuent".

L'envoyé spécial de l'ONU sur la Syrie Staffan de Mistura avait lui aussi appelé mercredi Moscou et Washington à "revitaliser" le cessez-le-feu en Syrie, qu'il estime être "en grave danger".

avz/sha