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28/04/2016 02:44 EDT | Actualisé 29/04/2017 01:12 EDT

GB: l'économie gagnerait à un Brexit, affirme un groupe d'économistes

L'économie britannique sortirait gagnante d'un départ de l'Union européenne (UE), estime un groupe de huit économistes réputés dans un rapport publié jeudi, qui prend le contre-pied du gouvernement et de plusieurs organismes internationaux.

"Sur les 20 dernières années, le bilan économique de l'UE a été très faible comparé à d'autres pays développés, et ce pas seulement en raison de l'euro mais aussi d'une série de mauvaises décisions", a accusé Roger Bootle, le président du cabinet d'études Capital Economics, lors d'une présentation à Londres.

"Le fardeau réglementaire, la mauvaise utilisation des fonds de l'UE et la focalisation de l'attention politique sur les questions de réforme de l'UE ont contribué à cette mauvaise performance économique", a-t-il ajouté.

L'expert fait partie d'un groupe de huit économistes "indépendants" regroupés sous la bannière "Economists for Brexit", dont Gerard Lyons, ancien économiste en chef de la banque Standard Chartered et aujourd'hui conseiller du maire conservateur de Londres Boris Johnson, figure de proue de la campagne en faveur d'une sortie britannique de l'Union européenne ("Brexit") lors du référendum du 23 juin.

Dans leur rapport, ils cherchent à réfuter les arguments du Trésor britannique et du chancelier de l'Échiquier George Osborne, qui ont estimé à la mi-avril qu'une sortie de l'UE aurait de graves conséquences économiques et amputerait chaque foyer britannique d'environ 4.300 livres (5.540 euros) de revenus par an.

Les économistes développent les bénéfices qu'un Brexit apporterait selon eux du point de vue de la régulation, de l'emploi, de l'immigration ou encore de la place de la City de Londres en Europe.

Ils défendent la simple application des règles de base de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dans les rapports entre le Royaume-Uni et les pays de l'UE, sans négocier de nouvel accord, une conclusion diamétralement opposée à celle du Trésor, qui y voit le pire scénario possible.

"Quitter l'UE, sans négocier un nouvel accord avec l'UE et sans élever de nouvelles barrières commerciales, apporterait un gain d'environ 4% au PIB" sur 10 ans, estime Patrick Minford, professeur d'économie à l'université de Cardiff.

Cette publication intervient après une série de mises en garde contre les conséquences négatives d'un Brexit émanant du Fonds monétaire international (FMI) ou encore de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Cette dernière a estimé mercredi que le PIB du Royaume-Uni serait 3% plus faible d'ici 2020 en cas de sortie du pays de l'UE comparé au scénario d'un maintien dans l'Union.

jmi/pn/phv