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28/04/2016 02:35 EDT | Actualisé 29/04/2017 01:12 EDT

France: salariés et étudiants à nouveau dans la rue contre une loi sur le travail

Déterminés à obtenir le retrait d'un projet de réforme du droit du travail "inacceptable", salariés et étudiants sont à nouveau descendus dans la rue jeudi en France à l'appel de sept syndicats, pour la quatrième fois en deux mois et à quelques jours de l'examen du texte au Parlement.

Cette journée a valeur de test pour mesurer la détermination des opposants à cette dernière réforme importante du quinquennat du président socialiste François Hollande, à un an d'une élection présidentielle qui s'annonce particulièrement difficile pour la gauche au pouvoir. Et certains en attendent une convergence avec le mouvement citoyen informel "Nuit Debout" qui occupe le soir la place de la République à Paris depuis le 31 mars.

Elle se tient dans un climat tendu, les journées précédentes ayant donné lieu à quelques dérapages en marge des manifestations, malgré les importants effectifs de maintien de l'ordre déployés en vertu de l'état d'urgence instauré en France depuis les attentat de novembre.

Des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre se sont produits jeudi en fin de matinée à Nantes (ouest) peu de temps après le départ du défilé qui réunissait 8 à 9.000 personnes selon la police et plus de 20.000 selon l'intersyndicale.

La manifestation parisienne devait débuter à 14H00 (12H00 GMT) et traverser le sud-est de Paris, mais les autorités s'attendent à ce que certains participants rejoignent ensuite la place de la République.

- Retrait pur et simple -

En raison notamment de vacances scolaires, l'affluence dans les rues pourrait cependant être moins importante que lors des précédentes journées d'action, mais les opposants à la loi El Khomri (du nom de la ministre du Travail Myriam El Khomri) ont déjà prévu de se faire entendre lors des traditionnelles manifestations du 1er mai, ainsi que le 3 mai à l'ouverture du débat parlementaire.

Jean-Claude Mailly, numéro un du syndicat Force ouvrière, assure que la mobilisation "ne s'essouffle pas parce qu'il y a de vrais problèmes sur cette loi".

Un sondage semble le conforter puisque 78% des Français estiment qu'il y a "un risque élevé d'explosion sociale".

Les opposants demandent le retrait pur et simple du texte perçu comme trop favorable aux employeurs et facteur de précarité pour les salariés, notamment les jeunes.

Ce texte vise à donner plus de souplesse aux entreprises, notamment en matière d'aménagement du temps de travail, et à clarifier les règles de licenciement économique. Il a déjà subi des modifications, suscitant en retour le mécontentement du patronat.

"Des points restent à clarifier" mais "je pense qu'on est en mesure d'avoir une majorité, sous réserve des évolutions encore possibles au cours des débats", a déclaré jeudi le député socialiste Christophe Sirugue, rapporteur du projet devant l'Assemblée nationale.

Mais pour les syndicats il reste une "ligne rouge" : "l'inversion de la hiérarchie des normes" permettant à un accord d'entreprise de primer sur un accord de branche même s'il est moins favorable.

Outre les manifestations partout en France, des arrêts de travail étaient aussi prévus jeudi, notamment dans les transports, mais les perturbations devaient être assez limitées.

Des retards et quelques annulations de vols sont notamment à prévoir aux aéroports parisiens d'Orly et de Roissy, selon l'aviation civile.

La contestation a commencé le 9 mars. Au soir du 31 mars, où les défilés avaient réuni 390.000 personnes en France selon les autorités et 1,2 million selon les organisateurs, elle s'est élargie avec la naissance de "Nuit debout". Ce mouvement qui tente d'inventer de nouvelles formes d'expression démocratique semblait marquer le pas ces derniers jours, faute de relais dans la société civile.

Aux rangs des mécontents de la future réforme du travail se sont greffés les intermittents du spectacle qui négocient l'avenir de leur régime d'indemnisation chômage. Présents depuis lundi au théâtre de l'Odéon à Paris, ils ont étendu leur mouvement d'occupation des salles en province et menacent les festivals d'été. Cependant un accord a été trouvé dans la nuit de mercredi à jeudi entre les organisations de salariés et d'employeurs du spectacle qui doit encore être approuvé par la base et l'organisme chargé de l'assurance chômage.

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