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28/04/2016 03:49 EDT | Actualisé 28/04/2016 06:39 EDT

Les films à l'affiche dès le 29 avril 2016 (PHOTOS)

Fuse via Getty Images
People in Theater Watching Movie

Sortie au cinéma prévue? Découvrez les films à l'affiche cette semaine!

Le Huffington Post Québec et Mediafilm.ca vous présentent les films qui prennent l'affiche cette semaine au Québec:

Galerie photo Films de la semaine Voyez les images

LE BOUTON DE NACRE

France. 2015. 82 min.

Documentaire de Patricio Guzman.

À partir d'une goutte d'eau qui a traversé les millénaires, fossilisée dans un bloc de quartz, Patricio Guzman nous entraîne des confins de l'espace au fin fond de la Patagonie, pour raconter l'histoire de l'eau et de son importance dans celle du Chili. Progressant par associations d'images et d'idées, de témoignages et de souvenirs, le cinéaste nous fait découvrir la langue disparue des indigènes, la sauvagerie des premiers navigateurs anglais et les expériences douloureuses des dernières victimes de Pinochet.

Cette méditation poétique, mêlant histoire, science et politique, repose sur un scénario intelligent et habile qui abuse cependant parfois de raccourcis idéologiques. Mais l'imagerie envoûtante et le montage fluide contribuent à faire de ce documentaire unique, qui frôle parfois l'ésotérisme, une expérience qui stimule le coeur et l'esprit.

ELVIS & NIXON

États-Unis. 2016. 86 min.

Comédie de Liza Johnson avec Michael Shannon, Kevin Spacey, Colin Hanks, Evan Peters, Ashley Benson, Alex Pettyfer.

Hiver 1970, Memphis. Dans son domaine de Graceland, Elvis Presley regarde à la télévision les images de la jeunesse américaine, vivement opposée à la guerre au Vietnam et ravagée par la drogue. Le populaire chanteur prend alors une décision: aider son pays en devenant un agent spécial du F.B.I. Il explique ses motifs dans une lettre à l'intention du président Richard Nixon, qu'il porte lui-même à la Maison-Blanche, en compagnie de son ami et assistant, Jerry Schilling. Après un premier refus, Nixon se laisse convaincre par ses conseillers Egil Bud Krough et Dwight Chapin de recevoir Elvis, voyant là une occasion de redorer son blason auprès de la jeunesse, et particulièrement de sa fille Julie, grande fan du King. La rencontre a lieu dans le bureau ovale, le 21 décembre 1970.

Liza Johnson (HATESHIP LOVESHIP) recrée avec fantaisie et imagination une rencontre mythique, en osant une question aussi pertinente que comique: lequel de ces deux hommes était le plus puissant? En politicien un rien mal à l'aise dans son costume présidentiel, Kevin Spacey est parfait, face à un Michael Shannon charismatique en King séduisant, au bord de la folie douce.

L'ÉTUDIANTE ET MONSIEUR HENRI

France. 2015. 98 min.

Comédie dramatique de Ivan Calbérac avec Noémie Schmidt, Claude Brasseur, Guillaume De Tonquedec, Frédérique Bel, Thomas Solivéres, Valérie Kéruzoré.

Constance collectionne les échecs scolaires et les reproches de son père, maraîcher à Orléans. Sans se décourager, et malgré le désaccord de ce dernier, la jeune femme part étudier à Paris. Sa chance tourne quand Henri, retraité veuf, accepte de lui louer une chambre dans son grand appartement. Hélas pour elle, il s'agit d'un vieux bougon, forcé par son fils Paul de prendre un locataire en raison de sa santé trop fragile. Du reste, ce misanthrope déteste sa bru Valérie, qu'il juge écervelée. Après avoir pris Constance à la gorge en augmentant arbitrairement le loyer, il lui propose un marché: en échange du paiement des six prochains mois, elle devra séduire Paul, afin qu'il rompe avec Valérie. À son corps défendant, l'étudiante s'exécute, provoquant une crise conjugale et créant un tumulte émotif chez le mari manipulé. Reconnaissant et adouci, Henri, conscient des talents de pianiste et de compositrice de Constance, manoeuvre afin qu'elle soit reçue dans une prestigieuse école de Londres.

Avec cette adaptation de sa pièce de théâtre, Ivan Calbérac (IRÈNE) ne réinvente pas la formule de la belle et du grincheux, mais il propose suffisamment de variations sur ce thème pour susciter l'intérêt et la sympathie du spectateur. Plutôt effacée, la réalisation demeure néanmoins efficace, et les interprètes sont tous convaincants.

LA FÊTE DES MÈRES

États-Unis. 2016. 119 min.

Comédie de Garry Marshall avec Julia Roberts, Jennifer Aniston, Kate Hudson, Jason Sudeikis, Britt Robertson, Timothy Olyphant.

À l'approche de la fête des Mères, quatre familles voient leur destin chamboulé. Sandy apprend que son ex s'est remarié avec une ravissante jeune femme. Dès lors, elle craint que ses deux fils lui préfèrent cette dernière. Ses amies, les soeurs Jesse et Gabi, voient leurs parents débarquer chez elles. Elles n'ont alors d'autre choix que de leur révéler la vérité sur leurs familles respectives: Jesse est mariée à un médecin d'origine indienne et Gabi vit en couple avec une femme. De son côté, la jeune maman Kristin avoue à son amie Jesse qu'elle craint de se marier avec le père de sa fille, un aspirant humoriste britannique. Elle lui révèle aussi qu'elle rencontrera bientôt sa mère biologique, célèbre présentatrice à la télévision. Gérant du gymnase où Sandy s'entraîne, Bradley s'enfonce dans ses souvenirs depuis la mort de son épouse survenue un an auparavant; au grand dam de ses filles, qui ne le reconnaissent plus.

Après VALENTINE'S DAY et NEW YEAR'S EVE, Garry Marshall récidive avec un nouveau film choral sur le thème des fêtes institutionnalisées. Si le scénario est une fois de plus artificiel et prévisible, et que la réalisation manque encore de tonus, l'ensemble parvient tout de même à divertir et à émouvoir, grâce au jeu enjoué et attachant d'interprètes triés sur le volet.

FRANCOFONIA

France. 2014. 88 min.

Film d'essai de Alexandre Sokourov avec Louis-Do de Lencquesaing, Benjamin Utzerath, Vincent Nemeth, Johanna Korthals Altes, Jean-Claude Caër.

L'histoire du Louvre, château royal au Moyen Âge devenu musée d'art et d'antiquités à l'époque napoléonienne, et dont la riche collection a été soustraite à la convoitise nazie durant l'Occupation, grâce à la vigilance du directeur Jacques Jaujard. Celui-ci a toutefois eu comme vis-à-vis le comte Franz Wolff-Metternich, un officier allemand qui partageait son amour des arts et son souci de préservation du patrimoine culturel.

Prenant le contrepied de son ARCHE RUSSE, tourné en un seul plan-séquence au musée de l'Ermitage, Alexandre Sokourov adopte ici la forme du film de montage entrecoupé de brèves reconstitutions dramatiques. Son hommage vibrant au Louvre est assorti d'une méditation fascinante et très personnelle sur les rapports entre l'art, la politique et l'histoire.

KEANU

États-Unis. 2016. 100 min.

Comédie de Peter Atencio avec Jordan Peele, Keegan-Michael Key, Tiffany Haddish, Method Man, Jason Mitchell, Luis Guzman, Will Forte, Nia Long.

Son maître ayant été assassiné par les sinistres frères Allentown, membres d'un gang de rue, Keanu, chaton adorable, s'enfuit à travers les rues de Los Angeles. Il atterrit sur le palier de Rell Williams, trentenaire en pleine rupture, qui se prend immédiatement d'affection pour lui. Après une soirée avec son cousin Clarence, père de famille modèle, Rell constate que Keanu a été enlevé. Au terme de sa petite enquête, il apprend que le petit félin est entre les mains de Cheese, trafiquant de drogue notoire. En compagnie de Clarence, Rell se rend au repaire du dealer. Confondus avec les frères Allentown, les compères jouent le jeu et passent un marché avec Cheese: s'ils parviennent à vendre une grande quantité d'une drogue super puissante, il leur redonnera l'animal. Pendant ce temps, les véritables Allentown cherchent par tous les moyens à mettre la main sur Keanu.

Si le travail télévisuel du tandem Key & Peele est apprécié, il faut admettre que le premier essai cinématographique des joyeux lurons laisse à désirer, la faute à un scénario paresseux et décousu. En revanche, la réalisation s'avère compétente, assez musclée, et la chimie opère entre les deux vedettes, même si Keegan-Michael Key grimace plus que nécessaire.

MONTREAL NEW WAVE

Canada. 2015. 95 min.

Documentaire de Érik Cimon.

Dans la foulée des mouvements politiques, sociaux et culturels, les années 1960 annonçaient un avenir radieux. Or, dès la fin des années 70, cet espoir a fait place au désenchantement et à la morosité, sous l'impact de la crise économique, du chômage et du péril nucléaire. Paradoxalement, c'est dans ce contexte qu'a émergé une tendance musicale très énergique: le New Wave. Montréal n'a pas été en reste. Après l'esprit festif du disco, les provocations du punk et la quête identitaire du folk québécois, des musiciens de la métropole se sont mis à marier des sons électro à une irrévérence et un goût de l'expérimentation qui ont dépassé les frontières musicales. Arts visuels, mode, cinéma, danse, performance, multimédia, l'esprit New Wave montréalais s'est également imposé à l'extérieur du pays avec Men Without Hats, La La La Human Steps et Parachute.

Cette chronique d'un phénomène culturel majeur est très classique dans sa forme, avec son alternance banale de documents d'archives et de têtes parlantes. Elle se démarque toutefois par son approche exhaustive, aux perspectives multiples, et par la cohérence de son récit, structuré par un montage dynamique et éclairant.

PRECIOUS CARGO

Canada. 2016. 90 min.

Thriller de Max Adams avec Mark-Paul Gosselaar, Claire Forlani, Bruce Willis, John Brotherton, Ashley Kirk, Lydia Hull.

Karen, voleuse travaillant pour son propre compte, fait avorter un cambriolage orchestré par Eddie, chef d'une bande criminelle basée aux îles Caïman. Sous peine de mort, ce dernier force la jeune femme à le rembourser. En désespoir de cause, Karen se réfugie chez Jack, un de ses anciens amants, lui-même escroc à ses heures. Sensible à son chantage sentimental, et malgré la méfiance de son entourage envers la cambrioleuse manipulatrice, Jack accepte de l'assister dans le vol d'un chargement de trente millions de dollars en diamants, un autre coup originellement planifié par Eddie. Une fois son équipe de truands constituée, Jack lance l'opération. Mais il se heurte bientôt aux sbires du caïd, résolu à ne pas se faire rouler par Karen une seconde fois.

D'effets risibles en répliques manquant d'à-propos, ce film d'une bêtise insoutenable, au montage bâclé, nous achemine douloureusement vers un dénouement archiprévisible. Si Mark-Paul Gosselaar et Claire Forlani se tirent correctement de l'épreuve, Bruce Willis compose paresseusement un navrant vilain de service.

RATCHET ET CLANK

États-Unis. 2016. 94 min.

Film d'animation de Kevin Munroe.

Grâce à ses aptitudes de mécanicien et ses talents d'inventeur, Ratchet, petit félin humanoïde, est admis dans la sélecte confrérie des rangers de l'espace, aux côtés de son idole, le capitaine Qwark. Au même moment, le maléfique Président Drek s'emploie à détruire toutes les planètes de leur galaxie, afin d'en créer une nouvelle à partir des fragments recueillis. Pour mener à bien ce projet funeste, ce mégalomane a conçu un canon géant capable de pulvériser un astre en deux secondes, et fabriqué des robots de combat ultraperfectionnés. Clank, un spécimen défectueux issu de la chaîne de montage, parvient à s'échapper avant qu'on ne le détruise. Atterrissant sur la planète de Ratchet, le robot prouve sa vaillance à ce dernier, qui le prend comme coéquipier. Alors que les rangers s'apprêtent à détruire son canon, Drek divise l'équipe en débauchant le vaniteux Qwark, jaloux des succès de Ratchet.

Cette adaptation d'un populaire jeu vidéo n'a rien pour elle: récit interchangeable peuplé de personnages unidimensionnels, humour réchauffé qui se prétend branché, suspense inexistant malgré un montage épileptique, effets sonores tonitruants, réalisation totalement impersonnelle de Kevin Munroe (TMNT). À tout le moins, l'animation est satisfaisante.

SING STREET

Grande-Bretagne. 2016. 105 min.

Drame musical de John Carney avec Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boynton, Jack Reynor, Maria Doyle Kennedy, Aidan Gillen, Mark McKenna, Ben Carolan, Kelly Thornton.

Dublin, 1985. Parce que ses parents à couteaux tirés ont du mal à arriver, Cosmo est forcé de quitter son école privée pour un établissement public. Persécuté par le matamore de sa classe, harcelé par le directeur en soutane qui lui cherche noise, le garçon de 15 ans trouve un certain réconfort auprès de son frère aîné Brendan, un poteux mélomane à l'affût des nouveaux sons produits par des groupes tels que Duran Duran, The Cure et Depeche Mode. L'idée de faire de la musique ne serait jamais venue à l'esprit de Cosmo. Or, en draguant Raphina, une superbe jeune décrocheuse se disant mannequin, il lui annonce son intention de la faire apparaître dans le vidéoclip... de son groupe inexistant. Avec son pote Henry, qui s'improvise gérant, Cosmo fonde par nécessité un groupe de musiciens et, par ce moyen, réussit à capter l'attention de Raphina. Temporairement du moins. Car à l'image de la jeunesse irlandaise, celle-ci rêve plutôt d'aller tenter sa chance à Londres.

Dans la continuité d'une oeuvre discrète (ONCE, BEGIN AGAIN), John Carney brosse ici un tableau d'époque nostalgique aux couleurs de l'arc-en-ciel. Tout n'est pas rose cependant. Le récit initiatique n'est guère novateur et la plastique est parfois raboteuse. En revanche, Jack Reynor est épatant de justesse en frère aîné un brin philosophe et toujours clairvoyant