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28/04/2016 12:27 EDT | Actualisé 29/04/2017 01:12 EDT

Brésil : des écrivains veulent que le député admirateur de la dictature soit jugé à La Haye

L'Union brésilienne des écrivains (UBE) a demandé jeudi à la Cour pénale internationale de La Haye (CPI) d'ouvrir une enquête criminelle sur le député Jair Bolsonaro qui a récemment fait l'apologie de la torture et de la dictature.

L'UBE, dont le siège est à Sao Paulo, dans le sud du Brésil, et qui regroupe plus de 3.000 écrivains, a également mis en circulation en ligne une pétition et compte collecter un million de signatures pour l'envoyer à la CPI.

L'UBE rappelle que le dimanche 17 avril, devant des millions de téléspectateurs, au moment du vote des députés approuvant la procédure de destitution de la présidente Dilma Rousseff, M. Bolsonaro "a fait une apologie évidente du crime de la torture", ce qui représente "un crime contre l'humanité".

"Ils (les représentants de la gauche) ont perdu en 1964, ils perdent maintenant en 2016", avait lancé M. Bolsonaro en dédiant son vote à "la mémoire du colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra, la terreur de Dilma Rousseff".

Ustra, un militaire mort en 2015, fut le chef très redouté de la police politique pendant la dictature et l'un des tortionnaires les plus notoires. Il est responsable de 60 morts ou disparitions d'opposants au régime, et fortement soupçonné de centaines d'autres.

La déclaration était délibérément cruelle à l'endroit de Dilma Rousseff : jeune membre de la guérilla marxiste dans les années 1970, elle avait été emprisonnée et torturée.

"Cette conduite de Jair Bolsonaro constitue un acte inhumain, celui d'infliger une douleur intentionnelle et une souffrance mentale aux victimes du colonel Ustra et aux membres de la famille de ces victimes, ainsi qu'à toute la communauté brésilienne", a estimé le président de l'UBE, Durval de Noronha Goyos.

Il souligne qu'outre l'apologie de la dictature (1964-85), "Bolsonaro s'autodéclare raciste, homophobe, hostile aux droits des Indigènes et des homosexuels".

Il a aussi déjà dit qu'il préférerait que son fils meure dans un accident plutôt que de le savoir homosexuel.

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