NOUVELLES
27/04/2016 09:13 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

Tchad: un candidat à la présidentielle dénonce arrestations et tortures dans son entourage

Un candidat à l'élection présidentielle tchadienne, Laokein Kourayo Medard, arrivé 3e au premier tour du 10 avril, a dénoncé mercredi plusieurs arrestations et des actes de torture visant son entourage.

"Après la proclamation des résultats provisoires, l'ANS (Agence nationale pour la sécurité), la police politique du régime, s'est lancée dans une chasse aux sorcières" a affirmé à l'AFP M. Medard, joint au téléphone.

Selon le maire de Moundou, la capitale économique située dans le sud, plusieurs cadres et militants de son parti, la Convention Tchadienne pour la Paix et le Développement (CTPD) ont été arrêtés et torturés depuis une semaine, avant d'être finalement relâchés, d'autres ayant fui précipitamment leurs domiciles de peur d'être arrêtés à leur tour.

Ainsi l'un de ses directeurs départementaux de campagne a été arrêté et emmené à une centaine de kilomètres de Moundou pour y être torturé, avant d'être libéré mardi soir. "Il est agonisant, on l'a mis en soins intensifs à l'hôpital central de Moundou", a déclaré M. Medard.

L'édile cite deux autres militants, dont un commerçant de Moundou originaire du nord majoritairement musulman, arrêtés plusieurs heures et battus pour avoir "soutenu un chrétien", face au président sortant Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 26 ans.

Selon lui, plusieurs autres sympathisants recherchés par l'ANS, dont les domiciles ont été fouillés, ont fui vers le Cameroun ou le nord du pays.

"On cherche à m'intimider en s'attaquant à mon entourage", a conclu M. Medard, personnalité très populaire dans sa ville.

Le président Deby a été réélu sans surprise pour un 5e mandat dès le premier tour de la présidentielle avec 61,56% des voix, loin devant le chef de l'opposition, Saleh Kebzabo (12,80%).

Laokein Kourayo Medard, qui se présentait pour la première fois, est arrivé en troisième position avec 10,69 % des suffrages, selon la Commission électorale nationale indépendante.

Au total, 13 candidats se présentaient à cette élection. Idriss Deby, qui disposait des structures d'Etat et de moyens financiers nettement supérieurs à ses adversaires, était le grand favori.

Plusieurs leaders de l'opposition tchadienne ont dénoncé un "hold-up électoral", envisageant la constitution "d'un gouvernement de salut public" pour protester.

Ils ont également accusé l'armée d'avoir "tué et blessé des innocents" la nuit du 21 au 22 avril dans plusieurs villes du pays, après la proclamation des résultats provisoires.

Les résultats définitifs doivent être proclamés dans les prochains jours par le Conseil constitutionnel.

cl/jpc/de