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27/04/2016 09:33 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

Taux: Draghi(BCE) répond aux critiques des épargnants allemands

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a répondu aux critiques qui lui sont faites en Allemagne de ruiner les épargnants par sa politique de très faibles taux en les invitant à investir leurs fonds.

"Les gens peuvent influencer ce que leurs économies leur rapportent même en période de taux d'intérêt bas. Ils n'ont qu'à ne pas garder l'argent sur des comptes d'épargne, mais peuvent l'investir d'autres façons", a-t-il affirmé dans une interview à paraître jeudi dans le quotidien le plus lu d'Allemagne.

Il a rappelé que les Etats-Unis avaient traversé une période de sept années de taux d'intérêt à zéro et que leur système financier fonctionnait néanmoins toujours.

"Les taux d'intérêt sont bas parce que la croissance est faible et l'inflation est trop basse (...) Si nous relevons les taux maintenant, cela serait mauvais pour l'économie et déclencherait de la déflation, du chômage et une récession", a mis en garde le banquier central italien.

M. Draghi est l'objet d'attaques très vigoureuses en Allemagne, pays d'épargne, où il est accusé de ruiner les nombreux épargnants par sa politique de taux d'intérêt très faibles, qui rend les placements d'épargne de moins en moins rémunérateurs.

Le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, est allé jusqu'à l'accuser de contribuer par cette politique à faire progresser la droite populiste en Allemagne, où elle a enregistré des scores très élevés lors d'élections régionales. Le directeur de la fédération des caisses d'épargne de Rhénanie, Michael Breuer, a reproché cette semaine à la BCE de "mener une politique de soutien à la conjoncture des pays du sud" de l'Europe "au détriment de nos clients, les épargnants allemands".

"L'intérêt des épargnants est que l'inflation se stabilise et que la croissance devienne plus robuste. En outre, beaucoup d'épargnants profitent des taux d'intérêts bas puisqu'ils sont aussi propriétaires de maison, contribuables, entrepreneurs et salariés dont les entreprises en bénéficient", a rétorqué le président de la BCE.

Le taux central, baromètre du crédit en zone euro, est à zéro depuis le mois dernier, ce qui signifie qu'emprunter ne coûte pratiquement plus rien. Mais aussi que les placements ne rapportent plus, ou très peu, ce qui irrite aussi du côté des banques allemandes, qui se voient priver d'une importante source de revenus.

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