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27/04/2016 06:13 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

Les opérateurs nucléaires allemands appelés à transférer plus de 20 mds EUR à un fonds public

Les quatre opérateurs allemands de centrales nucléaires devront verser plus de 20 milliards d'euros à un fond public en guise de provisions pour l'après-nucléaire, a conclu mercredi une commission mise en place par Berlin sur cette question.

La commission était chargée de trouver un moyen de s'assurer que les provisions constituées par les opérateurs de centrales seront suffisantes et mobilisables le moment venu. L'Allemagne, où huit réacteurs sont encore en activité, va arrêter d'ici 2022 toutes ses centrales nucléaires. La chancelière Angela Merkel en a pris la décision il y a cinq ans, après la catastrophe de Fukushima.

Le démantèlement des centrales et le stockage des déchets vont coûter des dizaines de milliards d'euros.

EON, RWE, Vattenfall et EnBW ont mis de côté 40 milliards d'euros à cet effet, mais leurs difficultés financières - dépréciations, pertes à répétition, restructurations - ont fait naître des inquiétudes sur la disponibilité réelle de ces sommes au moment venu.

Pour s'en assurer, la commission propose que plus de la moitié de cette somme, 23,3 milliards d'euros, destinés à couvrir les coûts de transport et stockage des déchets, soient transférés le plus vite possible à un fonds. Celui-ci sera géré par l'Etat, qui le fera fructifier et assumera aussi la responsabilité juridique de cette question.

Pour le moment, les opérateurs ont provisionné un total de 17 milliards d'euros pour la problématique "déchets". La commission leur demande une "prime de risque" de 6,3 milliards d'euros de plus, mais en échange de la garantie qu'ils n'auront plus à se préoccuper de cet aspect.

Les intéressés "ne peuvent pas accepter en l'état" la proposition. Le montant de la prime de risque, qui "dépasse" leurs moyens", ont-ils réagi dans un communiqué commun.

La Bourse semblait d'un autre avis, le titre de RWE prenant près de 8% et celui d'EON plus de 4% en Bourse à Francfort à 14H00 GMT.

La commission propose en outre que le démantèlement à proprement parler des centrales reste l'affaire des opérateurs, à la fois financièrement et juridiquement.

Cette solution, trouvée après des mois de discussions acharnées, devrait permettre "d'apporter une certaine sécurité" mais "pas à 100%", a déclaré lors d'une conférence de presse l'un des membres de la commission, Matthias Platzeck.

Les conclusions de la commission ont une forte probabilité d'être reprises par le gouvernement et pourraient se traduire par un projet de loi.

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