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27/04/2016 06:52 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

La guerre psychologique entre Hamilton et Rosberg déjà commencée

BILLET - Nico Rosberg n'a jamais si bien commencé une saison de F1. Trois victoires en trois courses. Il a remporté six victoires d'affilée si on tient compte de sa fin de saison 2015.

Un texte de Philippe Crépeau

Dans les deux dernières courses, il a profité de collisions au premier tour pour se donner le coussin nécessaire sur ses adversaires directs. À commencer par son adversaire le plus dangereux, son coéquipier Lewis Hamilton.

Rosberg a 36 points d'avance sur Hamilton. Considérant qu'une victoire vaut 25 points, c'est beaucoup et peu à la fois…

Hamilton aura besoin de minimum deux courses pour le rattraper (à condition que l'Allemand marque très peu de points).

C'est la première fois que Hamilton concède autant de points à Rosberg depuis son arrivée chez Mercedes-Benz en 2013. En Chine, il a fini 7e après être parti dernier en raison d'un problème de moteur.

Hamilton dit qu'il n'a « plus de cartes dans sa manche », car il n'a que 3 points d'avance sur le pilote Red Bull Daniel Ricciardo, remarquable de régularité depuis le début de la saison, terminant trois fois quatrième.

Alors, Hamilton utilise son arme favorite, la guerre psychologique. Il est très à l'aise à ce jeu, et ne s'est pas gêné les saisons dernières pour en user à son avantage.

Hamilton a commencé sa campagne de dénigrement à l'endroit de son coéquipier dans un entretien à CNN.

Il a rappelé qu'il n'avait pas encore eu la chance de se battre directement avec Rosberg, et que ce dernier ferait bien d'en profiter avant que la situation ne change.

« Il l'a eue facile dans les trois dernières courses », a dit Hamilton, minimisant les efforts de son coéquipier pour remporter ses victoires.

Hamilton a rappelé tous les pépins qu'il a eus lui-même en Australie, à Bahreïn et en Chine, et attend le moment de pouvoir confronter Robserg en piste.

Le Grand Prix de Russie sera peut-être le théâtre du premier affrontement direct entre les deux hommes cette saison.

Il y a un an, Rosberg avait à Sotchi obtenu la pole position, mais un problème mécanique (bris de l'accélérateur au 7e tour) l'avait obligé à abandonner, et Hamilton l'avait emporté sans grande opposition.

Il doit cette fois, si la mécanique tient le coup, montrer qu'il peut résister et battre le champion du monde sur ses terrains favoris, la piste bien sûr mais aussi les zones d'entrevue.

Hamilton va rappeler à tous à Sotchi que les pépins ont miné son début de saison, et qu'il attend l'occasion de se battre à armes égales avec Rosberg.

L'Allemand a toujours joué la désinvolture face aux médias, et le fait très bien, pour se libérer de cette pression qui parfois lui fait faire des bêtises.

À armes égales, Rosberg sait qu'il a plusieurs fois craqué quand Hamilton le mettait sous pression, comme à Monza lors du Grand Prix d'Italie de 2014. Rosberg avait raté son freinage à la première chicane alors qu'Hamilton se rapprochait.

Bien sûr, en 2016, Rosberg est mieux armé qu'en 2014. Fort de ses six victoires d'affilée, Rosberg est serein. Mais une erreur à Sotchi pourrait très vite le faire douter.

Renouveler le contrat

Il y a aussi sa situation contractuelle. Rosberg en est à sa dernière saison de contrat avec Mercedes-Benz tandis que Hamilton est lié à l'équipe jusqu'en 2018.

Le patron de l'équipe Toto Wolff a dit à Shanghai qu'il n'était pas pressé de faire signer un nouveau contrat à Rosberg. Logique, puisque l'Allemand gagne.

En fait, Wolff veut savoir combien de temps il résistera à son coéquipier, inévitable tant la saison est encore longue, et attendra que Rosberg perde quelques plumes avant de lui faire une offre.

Rappelons que Toto Wolff a une tendresse particulière pour Hamilton, dont il n'hésite pas à vanter les qualités, alors qu'il a toujours considéré Rosberg comme un bon no 2. Ses paroles et son non-verbal le trahissent régulièrement pendant les courses.

Il n'avait pas hésité à le réprimander quand les deux pilotes s'étaient accrochés au deuxième tour du Grand Prix de Belgique de 2014. Le mettant même à l'amende pour son geste jugé antisportif par l'équipe, avait rapporté la presse spécialisée.

À l'aube du Grand Prix de Russie, Nico Rosberg subit donc la pression de son coéquipier en piste et de son patron en coulisse.

Nico Rosberg sait bien qu'il y a une part de chance dans sa position actuelle (les problèmes mécaniques de son coéquipier), et peut-être souhaite-t-il qu'elle reste son alliée.

Mais remporter un combat direct avec Hamilton à Sotchi lui permettrait de mieux respirer dans l'espace exigu du garage Mercedes-Benz.