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27/04/2016 06:20 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

La Grèce et ses créanciers: état des lieux des négociations

Neuf mois après l'accord au forceps entre la Grèce et ses créanciers sur un plan d'aide de 86 milliards d'euros, les dissensions persistantes entre Athènes, l'UE et le FMI, reviennent sur le devant de la scène.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras rechigne à envisager des réformes supplémentaires voulues par ses créditeurs, accentuant la pression autour de la tenue rapide d'une prochaine réunion européenne.

Voici les principaux points sur la table des négociations:

- Troisième plan d'aide -

Conçu le 13 juillet 2015, le plan de sauvetage de la Grèce, le troisième depuis 2010, prévoit des nouveaux prêts d'un montant maximum de 86 milliards d'euros d'ici à août 2018, en échange de réformes fiscales et sur les retraites de la part d'Athènes qui devrait permettre d'économiser quelque 5,4 milliards d'euros.

Au départ, seuls les Européens avaient assuré qu'ils financeraient ce plan, le FMI ayant repoussé sa décision à plus tard.

Jusqu'ici, la Grèce a reçu 26 milliards d'euros sur les 86 promis. A l'issue d'une première évaluation par les créanciers (UE et FMI) des réformes entreprises par Athènes, initialement prévue pour l'automne, la Grèce devait recevoir une nouvelle tranche de prêt de la part de la zone euro d'au moins 5,4 milliards d'euros.

Or cette première évaluation n'a toujours pas été conclue, du fait de retard dans les réformes grecques et de dissensions entre le FMI et les Européens. Lors de la dernière réunion des ministres des Finances de la zone euro, à Amsterdam le 22 avril, le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a estimé toutefois "approcher de l'objectif" de sa conclusion.

- Réformes supplémentaires -

Pour convaincre le FMI de participer à leur plan d'aide, les créanciers européens sont convenus, lors d'une réunion mi-avril à Washington avec le Fonds de la possibilité d'un paquet de mesures supplémentaires qui serait imposé si la Grèce ne respectait pas les objectifs budgétaires fixés pour 2018.

Cette année-là, celle de l'expiration du troisième plan d'aide, Athènes est censé atteindre un excédent budgétaire primaire (avant paiement des intérêts de la dette) de 3,5% du Produit Intérieur Brut (PIB). Cet objectif est jugé irréaliste par le FMI, en tout cas son respect sur le long terme.

Athènes, qui "a déjà réalisé des économies de 2,8 milliards d'euros" et s'engage "à adopter des mesures de 2,6 milliards d'euros d'ici 2018", comme le prévoit l'accord de 2015, rechigne à imposer d'autres réformes à ses concitoyens, déjà très remontés, notamment contre les mesures sur les retraites.

D'autant que la gauche gouvernementale est de plus en plus concurrencée par l'opposition de droite dans les sondages.

- Allègement de la dette -

Les négociations sur l'aménagement de la dette publique grecque, qui caracole à près de 180% du PIB, soit le plus haut niveau de toute la zone euro, n'ont toujours pas formellement débuté. Au niveau technique, des équipes ont toutefois commencé à plancher sur les options possibles. Une réduction nette de son montant, ou "haircut", est en principe exclue.

Le FMI a toujours insisté sur le fait que pour être viable pour la Grèce, le programme de réformes réclamées à ce pays devait s'accompagner d'un allègement de sa dette. L'Allemagne, qui plaide pourtant pour une participation du FMI au programme d'aide à la Grèce, s'est opposé, à maintes reprises, à tout nouvel allègement de la dette.

Samedi à Amsterdam, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble s'est toutefois montré légèrement plus nuancé: "on est prêt à discuter de mesures éventuelles sur la dette, cela a été convenu. Mon opinion est que ce ne sera pas nécessaire pour les prochaines années".

La perspective d'un allègement de cette dette pourrait en tous cas aider à faire avaler la pilule amère de réformes supplémentaires à Athènes, qui souhaite voir le poids de ce fardeau allégé.

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