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27/04/2016 07:59 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

Kosovo: un proche du président Thaçi recherché dans un dossier de corruption

Un ancien compagnon d'armes du président kosovar Hashim Thaçi, est en fuite, après avoir échappé à une opération de police contre le crime organisé dans ce pays, a annoncé mercredi le ministère public.

Député du parti au pouvoir, Azem Syla était un des proches collaborateurs de l'actuel chef de l'Etat quand celui-ci dirigeait l'Armée de libération du Kosovo (UCK) lors de la guerre contre les forces serbes (1998-1999).

Selon un communiqué Procureur de l'Etat, cet élu du Parti démocratique du Kosovo (PDK) est soupçonné d'avoir été à la tête d'un groupe qui a mis la main sur "des biens appartenant" à l'Etat, "pour une valeur estimée de 30 millions d'euros, par le biais d'activités criminelles, notamment la falsification de documents officiels et le paiement de pots de vin à des responsables publics".

Lors de cette opération, 350 policiers ont perquisitionné 42 sites liés à 40 suspects kosovars et serbes, a précisé le bureau du procureur.

"Six personnes ont été arrêtées durant l'opération", mais parmi les fuyards figure Azem Syla, "malgré les efforts soutenus de la police du Kosovo de le localiser depuis dix jours".

Cette opération, décrite par des médias locaux comme la plus importante depuis la guerre, a été menée en collaboration avec le procureur de Belgrade contre le crime organisé.

La Serbie, qui avait retiré ses troupes de son ancienne province en 1999, ne reconnaît pas l'indépendance du Kosovo, proclamée en 2008. Les deux pays ont toutefois conclu un accord de normalisation de leurs relations en 2013.

Azem Syla a brièvement dirigé en 1999 l'Armée de Libération du Kosovo (KLA) qu'il avait cofondée. Il était aussi, pendant la guerre, un des négociateurs de l'UCK auprès de M. Thaçi.

Son nom est déjà apparu quand ont été portées des accusations d'assassinats politiques qui auraient été ordonnés par les chefs de la rébellion kosovare.

La réputation d'Hashim Thaçi a été affectée en 2010 par un rapport du Conseil de l'Europe mentionnant son nom dans une affaire de trafic d'organes sur des prisonniers, essentiellement serbes, pendant et après le conflit, accusation qu'il réfute. Le nom d'Azem Syla figurait aussi dans ce rapport.

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