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27/04/2016 04:19 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

France/chômage: mobilisation des salariés du spectacle peu avant les festivals d'été

Des salariés du monde du spectacle ont commencé à occuper plusieurs théâtres à travers la France, dont la prestigieuse comédie française à Paris, déterminés à défendre leur régime spécifique d'assurance chômage en cours de renégociation.

S'il se prolongeait, leur mouvement pourrait menacer plusieurs festivals dans toute la France cet été, comme cela s'est déjà produit par le passé.

Mardi soir, une cinquantaine de personnes ont envahi la Comédie Française, créée en 1680, entraînant l'annulation de "Lucrèce Borgia". Un peu plus tôt, c'est une représentation de "Phèdre(s)" avec Isabelle Huppert qui avait été annulée au Théâtre de l'Odéon, occupé depuis dimanche.

Les théâtres de Strasbourg, Bordeaux, Lille, Montpellier et Caen étaient également occupés mercredi, mais essentiellement pour des occupations symboliques, sans blocage des représentations.

Les "intermittents", ces artistes, techniciens, régisseurs exerçant leur activité en alternant périodes d'emploi et de chômage, sont indemnisés en France par un régime spécifique d'assurance-chômage, le plus favorable d'Europe.

Mais ce régime est en déficit chronique, d'environ un milliard d'euros chaque année, ce qui entraîne des renégociations périodiques, pour faire des économies.

Le cadrage financier, proposé le 24 mars par la partie patronale et signé par trois syndicats minoritaires du secteur, imposerait un effort global de 185 millions d'euros d'économies en année pleine d'ici à 2018 aux intermittents, mais suggère que l'Etat en compense une partie, à hauteur de 80 millions.

Des conditions jugées "inacceptables" par le syndicat Confédération générale du travail (CGT) et la Coordination des Intermittents et précaires (CIP) qui menacent de perturber les prochains festivals.

Plusieurs centaines de festivals se tiennent chaque été dans les villes et villages français, dont des manifestations internationalement connues comme Avignon (théâtre) ou Aix-en-Provence (opéra).

En 2003 et 2014, des mouvement de grève des intermittents avaient touché de nombreux festivals, conduisant même parfois à leur annulation totale.

Après un échec des négociations lundi, un nouveau rendez-vous a été fixé mercredi après-midi.

Dans la matinée, la ministre de la Culture Audrey Azoulay a appelé toutes les parties "à la responsabilité" pour que "les partenaires négocient, sans se laisser perturber par des mobilisations qui sont parfois caricaturées et lorsqu'elles empêchent des spectacles ne servent pas la cause qu'elles veulent défendre".

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