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27/04/2016 09:33 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

France: 2ème jour d'occupation de la Comédie française, le mouvement des artistes s'étend

Des salariés du monde du spectacle, qui occupent la prestigieuse Comédie française à Paris depuis mardi, ont étendu mercredi leur mouvement à plusieurs théâtres à travers la France, déterminés à défendre leur régime spécifique d'assurance chômage en cours de renégociation.

S'il se prolongeait, ce mouvement pourrait menacer plusieurs festivals dans toute la France cet été, comme cela s'est déjà produit par le passé. En 2003 et 2014, des mouvement de grève des intermittents avaient touché de nombreux festivals, conduisant même parfois à leur annulation totale.

La Comédie Française, créée en 1680 notamment pour la troupe de Molière, a annulé mercredi sa représentation pour la deuxième soirée consécutive. De même que le théâtre de l'Odéon, autre prestigieux établissement public parisien, occupé depuis dimanche soir, qui a annulé la représentation de "Phèdre (s)" avec Isabelle Huppert.

Les théâtres de Strasbourg (est), Bordeaux (sud-ouest), Lille (Lille), Montpellier (sud) et Caen (ouest) étaient également occupés mercredi, mais essentiellement pour des occupations symboliques, sans blocage des représentations.

Les "intermittents", ces artistes, techniciens, régisseurs exerçant leur activité en alternant périodes d'emploi et de chômage, sont indemnisés en France par un régime spécifique d'assurance-chômage, le plus favorable d'Europe.

Mais ce régime est en déficit chronique, d'environ un milliard d'euros chaque année, ce qui entraîne des renégociations périodiques, pour faire des économies.

Le cadrage financier, proposé le 24 mars par la partie patronale et signé par trois syndicats minoritaires du secteur, imposerait un effort global de 185 millions d'euros d'économies en année pleine d'ici à 2018 aux intermittents, mais suggère que l'Etat en compense une partie, à hauteur de 80 millions.

Des conditions jugées "inacceptables" par le syndicat Confédération générale du travail (CGT) et la Coordination des Intermittents et précaires (CIP) qui menacent de perturber les prochains festivals.

Après une première réunion sans résultats lundi, les négociations ont repris mercredi après-midi. La ministre de la Culture Audrey Azoulay a appelé toutes les parties "à la responsabilité".

Plusieurs centaines de festivals se tiennent chaque été dans les villes et villages français, dont des manifestations internationalement connues comme Avignon (théâtre) ou Aix-en-Provence (opéra), dans le sud du pays.

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