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27/04/2016 02:46 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

Fonds iraniens gelés: vives critiques de Khamenei et Rohani contre Washington

Le guide suprême iranien Ali Khamenei et le président Hassan Rohani, ont vivement critiqué mercredi la décision de la justice américaine de saisir deux milliards de dollars des fonds iraniens gelés aux Etats-Unis, selon les médias officiels.

"Les Etats-Unis provoquent des perturbations (...) et se plaignent après qu'on soit méfiant à leur égard", a déclaré l'ayotollah Khamenei devant des milliers de travailleurs rassemblés à Téhéran.

"Sur le papier, ils disent que les banques étrangères peuvent effectuer des transactions avec l'Iran mais, dans la pratique, ils font de +l'iranophobie+ pour empêcher les relations", a-t-il ajouté.

La semaine dernière, la Cour suprême américaine a décidé que l'Iran devrait s'acquitter de près de deux milliards de dollars de compensation sur des fonds actuellement gelés à New York et correspondant à des obligations dans lesquelles avait investi la banque centrale d'Iran.

De son côté, le président Rohani a qualifié cette décision de "vol manifeste" et de "grand déshonneur" pour la justice américaine, selon le site de la présidence.

"C'est une action totalement illégale et contraire aux règles internationales et à l'immunité des banques centrales", a déclaré M. Rohani. C'est "une violation et une hostilité manifeste de la part des Etats-Unis contre le peuple iranien" qui aura "des conséquences", a-t-il ajouté.

Les deux milliards de dollars sont réclamés par un millier de victimes et familles de victimes d'attentats fomentés ou soutenus par Téhéran, selon la justice américaine. Parmi eux figurent les proches des 241 soldats américains tués le 23 octobre 1983 dans deux attentats suicide qui avaient frappé les contingents américain et français de la Force multinationale de sécurité à Beyrouth.

L'Iran a menacé lundi les Etats-Unis de les poursuivre devant la Cour internationale de justice (CIJ) si cet argent était "détourné" pour dédommager des victimes d'attentats.

"Nous tenons le gouvernement américain pour responsable de la préservation des fonds iraniens (aux Etats-Unis) et s'ils sont pillés, nous déposerons une plainte devant la CIJ", a déclaré le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

La décision de la Cour américaine intervient dans un contexte sensible de difficile rapprochement entre les diplomaties iranienne et américaine, neuf mois après la signature à Vienne de l'accord historique sur le nucléaire iranien.

Les banques européennes ou asiatiques sont toujours réticentes à commercer avec l'Iran. Elles redoutent de tomber sous le coup de la législation draconienne américaine qui continue en effet de punir l'Iran pour son "soutien au terrorisme", ses atteintes aux droits de l'Homme et son programme de missiles balistiques.

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