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27/04/2016 04:48 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

Faux départ pour le premier lancement depuis le cosmodrome russe Vostotchny

Le lancement du vaisseau russe Soyouz 2.1a, qui devait être le premier effectué depuis le nouveau cosmodrome Vostotchny dans l'Extrême-Orient russe, a été reporté mercredi matin in extremis.

A peine une minute et demie avant l'heure prévue du décollage de la fusée, à 11H01 locales (02H01 GMT), "un arrêt automatique du lancement" a eu lieu, a expliqué le directeur de l'agence spatiale russe Roskosmos, Igor Komarov.

Achevé début 2016, Vostotchny a pour vocation de remplacer le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, que la Russie loue pour 115 millions d'euros par an depuis la chute de l'URSS pour lancer des Soyouz, seul moyen de rejoindre la Station spatiale internationale (ISS).

Disposant déjà d'un cosmodrome à Plessetsk, dans le nord de la Russie, Moscou espère ainsi renouer avec ses ambitions spatiales.

Le décollage a été reporté à jeudi, même heure. "Il existe toutes les raisons de croire que nous pouvons corriger en 24 heures" ce défaut technique, a-t-il assuré aux agences de presse russes.

"Si la décision est prise de vider les réservoirs (de la fusée) du combustible, cela peut signifier que le lancement sera reporté à une date indéterminée afin que soient éliminés tous les risques potentiels", a néanmoins souligné une source anonyme à RIA Novosti.

Arrivé mercredi matin à Blagovechtchensk, principale ville de la région de l'Amour, immense et peu peuplée, le président russe Vladimir Poutine a décidé de rester jusqu'à jeudi pour assister au lancement et profitera de ce séjour prolongé pour rencontrer les responsables du cosmodrome, a déclaré son porte-parole.

- un lancement plus discret que d'habitude -

Initialement prévu pour fin 2015, le premier décollage du cosmodrome avait déjà été reporté de plusieurs mois et sa date n'a été fixée que début avril.

"Rien d'anormal n'a eu lieu", a cependant souligné auprès de l'AFP l'expert indépendant russe Vadim Loukachevitch. "D'un point de vue technique, il n'y a eu aucune catastrophe".

"Il arrive souvent" de devoir reporter un lancement, a rappelé le porte-parole de Roskosmos, Igor Bourenkov sur les ondes de la radio Kommersant FM, soulignant que le cosmodrome de Kourou, en Guyane française, a décalé à trois reprises un tir de Soyouz, qui a finalement eu lieu lundi avec succès.

Une discrétion inhabituelle a entouré le lancement de la fusée.

La présence de Vladimir Poutine n'a été confirmée que le matin même du lancement par son porte-parole et les chaînes de télévision russes ne prévoyaient pas de retransmettre en direct l'événement, contrairement à leur habitude.

Roskosmos a par ailleurs donné oralement aux journalistes présents au cosmodrome la consigne de diffuser aucune information ni image pendant les dix premières minutes suivant le lancement, a révélé un photographe de l'AFP sur place, une mesure apparemment sans précédent pour l'agence spatiale.

"Dix minutes, c'est le temps pour que le Soyouz mette en orbite les satellites. On dirait qu'ils ont mis cet embargo parce qu'ils avaient peur" d'un incident, a remarqué M. Loukachevitch.

"Souvenez-vous, après la perte d'une fusée Proton, la diffusion en direct du lancement des Proton avait été suspendue", a-t-il ajouté.

- plus grand 'chantier du pays' -

De son côté, le quotidien russe Kommersant constate, déçu: "Le lancement historique (...) a échoué. Et c'est de cette façon que commence l'histoire du cosmodrome Vostotchny".

Décidée en 2007 par Vladimir Poutine et commencée en 2012, la construction du cosmodrome a été qualifiée de "plus grand chantier du pays" par les médias russes et a nécessité 300 à 400 milliards de roubles (4 à 5,3 milliards d'euros au taux actuel).

Le premier pas de tir, destiné aux vaisseaux Soyouz, n'a été achevé que début 2016 et les travaux pour le deuxième pas de tir, qui lancera les futures fusées Angara, commenceront en 2017.

La construction du cosmodrome a été émaillée de plusieurs scandales de corruption: en janvier, la justice russe a ouvert des dizaines d'enquêtes pour détournement de fonds.

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