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27/04/2016 12:20 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

Énergie Est: le PQ soupçonne Heurtel de faire «un show de boucane»

QUÉBEC — Le Parti québécois soupçonne le ministre de l'Environnement, David Heurtel, qui refuse de répondre aux questions des journalistes, d'avoir fait «un show de boucane» dans le dossier de l'oléoduc Énergie Est.

Le député péquiste Mathieu Traversy a déclaré mercredi que M. Heurtel semble vouloir se cacher alors que plusieurs questions restent en suspens concernant le projet du promoteur TransCanada.

Selon M. Traversy, malgré des propos de M. Heurtel, l'entreprise persiste à croire qu'elle n'est pas soumise aux lois québécoises concernant l'évaluation environnementale de son projet.

La semaine dernière, M. Heurtel a annoncé que TransCanada se conformerait à la Loi sur la qualité de l'environnement (LQE) du Québec en déposant un avis de projet ainsi qu'une étude d'impact, tel que réclamé par le gouvernement québécois.

Des échanges entre l'entreprise et le ministère de l'Environnement, rendus publics par le gouvernement, montrent cependant que l'entreprise a des réserves sur les pouvoirs de l'État québécois sur le projet, également soumis à des approbations fédérales.

Malgré la reprise des travaux parlementaires cette semaine, M. Heurtel a systématiquement résisté, mardi et mercredi, aux appels des journalistes souhaitant obtenir ses précisions.

Dans un point de presse, M. Traversy, porte-parole du PQ en matière d'environnement, a estimé que le silence de M. Heurtel est inquiétant.

«S'il n'est pas capable d'affirmer clairement que le Québec aura le dernier mot à la fin du processus, ça devient une mascarade politique, c'est un show de boucane», a-t-il dit.

M. Heurtel, dont le gouvernement a refusé d'appuyer une motion réclamant que les gaz à effet de serre entourant le projet soient évalués par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), semble vouloir aider l'entreprise, a indiqué le député.

«Nous ce qu'on veut avoir, c'est un ministre qui se tient debout et qui nous affirme que dans la procédure du BAPE, à la toute fin, il émettra son opinion et que cette opinion sera respectée de la part de la pétrolière, a-t-il dit. Or l'impression que nous avons actuellement, c'est qu'il tente de se cacher, il refuse de répondre aux questions, il rejette nos motions en ce sens, donc théoriquement ça peut avoir l'air d'un facilitateur pour la pétrolière TransCanada à cette étape-ci.»

La semaine dernière, le vice-président d'Énergie Est pour le Québec, Louis Bergeron, a écrit à la sous-ministre Christyne Tremblay pour annoncer son intention de présenter un avis de projet et une étude d'impact d'ici juin, en contrepartie du retrait d'une demande d'injonction du gouvernement pour que l'entreprise se conforme à ces exigences prévues dans la LQE.

«Nous comprenons que le Québec reconnaît que la conduite et le résultat de la procédure d’évaluation et d’examen du Québec se concentreront sur les autorisations relevant de la compétence provinciale», écrit-il.

Dans son avis de projet, TransCanada indique que le document est déposé «de manière volontaire et sous réserve de toute opinion qu’Énergie Est pourrait avoir au sujet de l’application des lois provinciales au projet Oléoduc Énergie Est, notamment le processus d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement».

Le BAPE, qui avait amorcé ses audiences cet hiver sur la portion québécoise du pipeline de 4600 kilomètres, devait reprendre ses travaux cette semaine.

Mais l'annonce du dépôt d'un avis de projet et d'une étude d'impact forceront M. Heurtel à donner un nouveau mandat à l'organisme.

Selon M. Traversy, M. Heurtel doit dire publiquement si les GES en amont et en aval du projet d'oléoduc seront l'objet des travaux du BAPE.

«C'est silence radio du côté du ministre, on le cherche, on veut avoir des informations, on tente d'être rassurés», a-t-il dit.