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27/04/2016 07:37 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

Egypte: un policier ayant tué pour le prix d'un thé sera jugé

Un policier qui avait tué un marchand ambulant après une dispute sur le prix d'un verre de thé sera jugé pour meurtre, a indiqué à l'AFP un responsable du parquet qui l'a renvoyé devant un tribunal.

Le 19 avril, le policier Zeinhom Abdel-Razzek, qui patrouillait au Caire avec des collègues, s'était disputé avec un marchand ambulant sur le prix d'un verre de thé avant de le tuer avec son arme de service et de blesser deux passants, selon le ministère de l'Intérieur.

Il avait aussitôt été arrêté avant que des dizaines de personnes ne manifestent contre cette nouvelle bavure policière dont l'Egypte est coutumière.

Il comparaîtra également pour tentative de meurtre, pour les blessures infligées aux deux passants.

Les abus policiers, dans une totale impunité alors, avaient été l'un des principaux facteurs ayant déclenché la révolte populaire qui a chassé du pouvoir Hosni Moubarak début 2011, mais ces pratiques sont redevenues monnaie courante sous le président actuel, Abdel Fattah al-Sissi.

Depuis que ce dernier, alors chef de l'armée, a destitué son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi en 2013, son régime est accusé par les organisations internationales de défense des droits de l'Homme d'être encore plus autoritaire et répressif que celui de M. Moubarak.

Les ONG internationales et égyptiennes dénoncent régulièrement des disparitions d'opposants, des tortures et des tabassages à mort par les services de sécurité. M. Sissi avait demandé récemment aux policiers de faire preuve de retenue et prévenu qu'ils auraient "des comptes à rendre", après plusieurs cas de morts brutales dans des commissariats.

Début avril, un policier a été condamné à la prison à vie - qui équivaut à 25 années de détention en Egypte - pour avoir tué par balle après une dispute un chauffeur qui lui livrait de la marchandise.

L'année dernière, plusieurs policiers ont été arrêtés pour des violences mortelles envers des détenus. Certains ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

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