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27/04/2016 07:54 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

Blindés en Arabie saoudite: Trudeau directement appelé à résilier le contrat

OTTAWA — Plus d'une dizaine d'organisations ont envoyé une lettre au premier ministre Justin Trudeau pour l'exhorter à résilier le contrat de véhicules blindés légers entre le Canada et l'Arabie saoudite.

En conférence de presse au parlement à Ottawa, mercredi, les représentants de quatre des groupes signataires ont plaidé que le risque que ces engins soient utilisés par Riyad contre sa propre population ou contre des civils dans la guerre au Yémen sont bien réels.

Le gouvernement libéral doit déchirer l'entente puisque ce risque existe, ont-ils tour à tour insisté, critiquant du même coup les arguments mis de l'avant par le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, pour justifier la décision d'honorer le contrat d'une valeur de 15 milliards $.

La présidente de l'Institut Rideau, Peggy Mason, a notamment fait valoir que le maintien de quelque 2000 emplois en Ontario ne justifie pas l'exportation de véhicules blindés légers qui pourraient être utilisés dans la commission de «crimes de guerre» dont le Canada deviendrait «complice».

Au lieu de signer un contrat qui pourrait attiser le conflit au Yémen, Ottawa devrait viser à signer un embargo international sur l'exportation d'armes non seulement pour l'Arabie saoudite, mais pour toutes les parties impliquées, a suggéré Alex Neve, secrétaire général d'Amnistie internationale.

La controverse entourant la décision des libéraux d'honorer cette entente a refait surface depuis qu'il a été dévoilé que le ministre Dion avait discrètement approuvé, le 8 avril dernier, les licences d'exportation pour 11 des 15 milliards $ du contrat de véhicules blindés.

La lucrative entente a été conclue sous le précédent gouvernement conservateur. Pendant la campagne électorale, les libéraux et les néo-démocrates avaient signalé qu'ils ne comptaient pas la renier pour éviter de nuire à la crédibilité de la signature du Canada.