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27/04/2016 02:57 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

Attentats de Paris: Salah Abdeslam, le dixième homme du commando, transféré en France

Le Français d'origine marocaine Salah Abdeslam, seul survivant du commando djihadiste qui a fait 130 morts et des centaines de blessés à Paris le 13 novembre, a été remis mercredi par la Belgique à la France, où l'attendent les juges antiterroristes et la prison.

Abdeslam "a été remis ce matin aux autorités françaises" en exécution d'un mandat d'arrêt européen délivré le 19 mars 2016 par la France, a indiqué le parquet fédéral belge.

Il a été transféré par voie aérienne sous escorte du GIGN, unité d'élite de la gendarmerie française, ont précisé des sources proches du dossier.

Arrivé sur le territoire français à 07H05 GMT, "il sera présenté dans la journée aux magistrats instructeurs en vue de sa mise en examen", a précisé le parquet de Paris.

Abdeslam sera ensuite présenté à un juge qui statuera sur son placement en détention provisoire.

Selon des sources proches du dossier, il sera incarcéré à Fleury-Mérogis, la plus grande prison d'Europe, située à une trentaine de kilomètres au sud de Paris.

Il sera placé "dans un quartier d'isolement" et "pris en charge par une équipe de surveillance dédiée, composée de surveillants aguerris", a déclaré ministre de la justice Jean-Jacques Urvoas.

Représenté jusqu'à présent par l'avocat belge Sven Mary, Salah Abdeslam sera aussi défendu en France par le ténor du barreau de Lille (nord) Frank Berton.

Il "est soucieux de s'expliquer", a affirmé Me Berton au site internet du quotidien régional La Voix du Nord.

Salah Abdeslam est le seul protagoniste direct des tueries du 13 novembre à avoir été arrêté vivant, après la mort des neuf assaillants, en kamikazes comme son frère Brahim ou abattus par les forces de l'ordre comme son ami d'enfance Abdelhamid Abaaoud.

S'il assure, via son avocat belge, qu'il n'était pas au courant des attentats de Bruxelles (32 morts), commis le 22 mars, quatre jours après son arrestation, il est en tous cas lié aux trois hommes qui se sont fait exploser ce jour-là et qui ont, eux aussi, un lien avec les attentats jihadistes du 13 novembre, les plus meurtriers de l'histoire de France.

- 'La justice est en route' -

Agé de 26 ans, né à Bruxelles mais de nationalité française, Salah Abdeslam avait été arrêté le 18 mars à Molenbeek, commune de la capitale belge où il a grandi, après quatre mois de cavale.

Plusieurs hommes ont été inculpés en Belgique pour l'avoir exfiltré de Paris, au lendemain des attentats, puis caché à Bruxelles.

Proche du Belge Abdelhamid Abaaoud, que les enquêteurs considèrent comme l'organisateur des attentats du 13 novembre, Salah Abdeslam serait au coeur des préparatifs logistiques des tueries.

Et c'est lui qui a conduit en voiture les trois kamikazes qui se sont fait exploser aux abords du stade de France, en banlieue parisienne.

La suite est plus floue. En fin de soirée, il a garé le véhicule dans le 18e arrondissement de Paris, évoqué par l'organisation Etat islamique (EI) dans sa revendication et pourtant épargné.

Devait-il à son tour y mener une attaque ? Au final, Salah Abdeslam a abandonné une ceinture explosive à Montrouge, à l'autre extrémité de la capitale, avant d'être emmené au petit matin par deux amis venus le chercher depuis Bruxelles.

Contrôlé ou repéré avec des protagonistes dans différents pays européens dans les mois ayant précédé les attaques, il est également soupçonné d'avoir participé, en amont, à la constitution des commandos.

Lors de son premier interrogatoire, il a semblé vouloir minimiser son rôle, assurant avoir fait machine arrière alors qu'il aurait été missionné pour se faire sauter au Stade de France. Une position réaffirmée par son frère qui l'a vu en prison.

Il avait d'abord contesté sa remise à la France, avant de faire volte-face au lendemain des attentats de Bruxelles.

Avec son transfèrement, "la justice est en route", s'est félicité Jean Reinhart, avocat d'une trentaine de familles de victimes.

Sans s'attendre à "une véritable collaboration", sa consoeur Samia Maktouf, conseil de 17 familles de victimes, a dit espérer que Salah Abdeslam "fournisse quand même certains éléments pour permettre d'identifier les recruteurs et les financiers de la nébuleuse terroriste à laquelle il appartient".

Sur la radio BFM, son avocat français, Me Berton, a souhaité "qu'il ait un procès équitable et soit condamné pour les choses qu'il a faites et non pour les choses qu'il n'a pas faites".

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