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27/04/2016 11:14 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

Athènes mise sur le soutien de l'UE pour résoudre ses dissensions avec le FMI

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, en a appelé aux instances politiques de l'UE mercredi pour débloquer les négociations avec les créanciers de son pays, surtout le FMI, demandant la convocation d'un sommet des pays de la zone euro si rien n'avançait au niveau ministériel.

L'appel de M. Tsipras auprès du président du Conseil européen Donald Tusk intervient après le report sine die d'une réunion extraordinaire des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe), prévue initialement jeudi.

"S'il n'y a pas d'Eurogroupe, le Premier ministre a demandé à M. Tusk de prendre l'initiative de convoquer un sommet de la zone euro", ont indiqué les services de M. Tsipras dans un communiqué.

Soucieux d'éviter un nouveau bras de fer entre Athènes et ses créanciers, M. Tusk a appelé à une réunion de l'Eurogroupe "dans les prochains jours" pour écarter une "nouvelle incertitude" autour de la situation de la Grèce.

Pour sa part, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a affirmé qu'une réunion de l'Eurogroupe pourrait avoir lieu la semaine prochaine "ou la suivante au plus tard", lors d'une conférence de presse conjointe à Paris avec le ministre français des Finances, Michel Sapin.

"Nous avons besoin de plus de temps pour travailler avec les institutions et le gouvernement grec" sur des questions légales et politiques, ainsi sur la dette, dont Athènes demande la restructuration, a expliqué M. Dijsselbloem.

Sur les questions légales à régler, M. Sapin a apporté des précisions. "Nous ne demandons évidemment pas à la Grèce de changer de Constitution. (...) Nous lui demandons de trouver la voie conforme à leur système juridique qui permette de donner de la crédibilité à leurs engagements", a-t-il déclaré.

Les négociations entre Athènes et ses créanciers, qui doivent durer plusieurs mois, visent à conclure la revue des comptes grecs et poursuivre le versement des prêts UE-FMI.

L'arrivée au pouvoir du gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras en janvier 2015 a provoqué une crise majeure entre son pays et ses pairs européens. Sous la menace alors d'une sortie de la zone euro, Athènes a finalement été contraint en juillet d'accepter un nouveau prêt de la zone euro et du FMI de 86 milliards d'euros d'ici 2018 au prix de la poursuite de mesures de rigueur.

Athènes "a déjà réalisé des économies de 2,8 milliards d'euros" et s'engage "à adopter des mesures de 2,6 milliards d'euros d'ici 2018", comme prévoit l'accord de 2015, a rappelé mardi le gouvernement.

- Le FMI 'mine' les efforts -

Les projets de lois sur la réforme des retraites et la fiscalité sont actuellement en discussion au Parlement, alors que les syndicats menacent de nouvelles grèves.

Lors de la publication des résultats des comptes grecs par Eurostat jeudi dernier, Bruxelles a loué Athènes pour avoir réussi à dégager un excédent primaire budgétaire (avant service de la dette, ndlr) de 0,7% de son produit Intérieur Brut (PIB) en 2015, contre 0,25% prévu.

Mais le lendemain, lors de la réunion Eurogroupe d'Amsterdam, les Européens, pour convaincre le FMI de participer au plan d'aide grec, sont convenus d'un paquet de mesures supplémentaires qui serait imposé si Athènes ne respectait pas les objectifs budgétaires fixés pour 2018.

En contrepartie, les créanciers ont promis l'ouverture du débat sur l'allègement de la dette grecque.

Mais Athènes a rejeté des mesures supplémentaires en proposant en échange "un mécanisme automatique" qui permettrait au gouvernement de procéder à des coupes supplémentaires des dépenses en cas de dérapage des finances publiques.

"Malgré les évolutions positives, les exigences du FMI (...) minent les efforts de la Grèce et de l'Europe", a fustigé jeudi la porte-parole du gouvernement grec, Olga Gerovassili, lors d'un point de presse.

Selon elle, les finances grecques ne sont pas dans une situation d'urgence et "il y a des réserves suffisantes".

Interrogée par l'AFP, une source spécialisée dans ces questions a confirmé qu'il n'y avait pas d'urgence au moins jusqu'à fin mai, car le gouvernement a réussi à ramasser à peu près 500 millions d'euros auprès d'administrations placées sous son autorité, comme des fonds de sécurité sociale, et qu'il pourrait encore trouver auprès d'elles près de 4 milliards d'euros.

Mais ensuite, la poursuite des versements des prêts deviendra indispensable surtout pour rembourser près de 2,3 milliards d'euros à la Banque centrale européenne le 20 juillet.

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