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27/04/2016 11:59 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

Algérie: le pouvoir veut faire annuler l'achat d'un groupe médiatique par l'industriel Rebrab

Le gouvernement algérien a saisi la justice en vue de faire annuler le rachat du groupe de presse El Khabar par l'industriel Issad Rebrab, première fortune du pays, a annoncé mercredi le groupe médiatique.

Le groupe El Khabar, dont la direction est connue pour être opposée au président Abdelaziz Bouteflika, comprend l'un des principaux quotidiens algériens (du même nom), la chaîne de télévision KBC, une imprimerie et une société de diffusion.

Une audience en référé est fixée au 2 mai devant le tribunal de Birmandreïs, en banlieue d'Alger, a précisé dans un communiqué le groupe.

Le gouvernement s'est appuyé sur un article du code de l'information pour engager son action.

"Une même personne morale de droit algérien ne peut posséder, contrôler ou diriger qu'une seule publication périodique d'information générale de même périodicité éditée en Algérie", stipule l'article 25 de ce code.

Or, M. Rebrab, patron du groupe Cevital, est déjà propriétaire à plus de 99% du quotidien francophone Liberté.

La direction d'El Khabar affirme avoir agi "en toute légalité" et dénonce "l'acharnement" du gouvernement contre sa société qui "défend les libertés individuelles et collectives ainsi que la liberté d'expression".

De son côté, Issad Rebrab a souvent accusé le gouvernement de faire obstacle à ses projets d'investissement en Algérie et à l'étranger.

Son groupe emploie 12.000 personnes dans l'électronique, la sidérurgie, l'électroménager et le BTP. Il a récemment fait des acquisitions en France (le fabricant de portes et fenêtres Oxxo, le spécialiste de d'électroménager Fagor-Brandt) et en Italie (les aciéries Lucchini).

Le quotidien El Khabar a été créé en 1990 dans le cadre du "printemps démocratique" lorsque l'Algérie était sortie du régime du parti unique et de la presse exclusivement étatique.

El-Khabar, El-Watan et Le Soir d'Algérie avaient constitué le premier noyau de la "presse indépendante" algérienne, non rattaché ni au gouvernement ni aux partis politiques ni aux hommes d'affaires.

ao/vl