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27/04/2016 04:02 EDT | Actualisé 28/04/2017 01:12 EDT

À 100 jours des Jeux, un état d'âme singulier

BILLET - Nous voilà à 100 jours des Jeux de Rio.

Un texte d'Alexandre Despatie

Il y a deux semaines, j'étais au dévoilement des vêtements officiels canadiens pour les Jeux olympiques et paralympiques à Toronto. J'observais les athlètes présents, et je savais exactement comment ils pouvaient se sentir à ce moment.

Je peux vous garantir qu'à ce moment de l'année, on compte tous les jours. Au cours de ma carrière de plongeur, j'ai eu à vivre des préparations tout à fait différentes. En 2008, je me suis cassé un pied à quatre mois des Jeux. Ça fait peur.

J'ai eu la chance d'être présélectionné pour ces Jeux, donc je n'avais pas besoin de me préoccuper de la sélection olympique. Dans ma tête, je me disais juste : « Assure-toi d'être en santé pour les Jeux ». Et heureusement, ça a fonctionné.

La marque des 100 jours est importante parce que cela passe très vite. C'est un juste un petit peu plus que trois mois. Il reste toutefois beaucoup de travail à faire. Même lorsque l'on est en pleine santé, on vit des émotions partagées. On est excité que ça s'en vienne, que ça approche, mais cela veut dire que c'est de plus en plus vrai. Et pour ceux qui doivent vivre la sélection olympique comme je l'ai déjà vécue, cette étape va arriver non pas dans 100 jours, mais peut-être dans 50, ou dans 40 jours.

En effet, il y a actuellement des athlètes au pays dont la présence aux Jeux n'est pas encore officielle. Ils doivent travailler fort même pour se rendre aux Olympiques. Ils ne pensent pas encore aux Jeux. Ils ne pensent qu'à la prochaine étape, soit la qualification, et ensuite, ça change dans leur tête. Dans ces moments, il ne faut pas sauter les étapes. Il faut y aller un jour à la fois, avec le but qui est le plus proche.

De mon côté, si j'ai bien aimé observer ces athlètes à l'approche des Jeux, je ne m'ennuie pas du plongeon, je ne m'ennuie pas de tout ce qu'ils sont en train de vivre. Je ne m'ennuie pas de cet état d'âme à 100 jours des Olympiques où l'on se demande : « Qu'est-ce qui peut arriver? Qu'est-ce qui va arriver? » Il y a un peu d'inconnu dans tout ça, et cela peut devenir stressant.

Personnellement, j'étais très exigeant envers moi-même. Je l'ai toujours été sur le plan des performances. C'était un peu différent au cours de mes premiers Jeux, à Sydney, en 2000. J'avais seulement 14 ans lors de ma qualification, et 15 ans lors des Jeux. Ma réalité était différente. Je voulais vivre l'expérience, voir c'était quoi, sans penser vraiment plus loin que ça. C'est un luxe, parce que beaucoup d'athlètes n'y vont qu'une seule fois et doivent donner leur 100 %. Finalement, ces premiers Jeux ont super bien été de mon côté, beaucoup mieux que ce à quoi je m'attendais. Mais les autres fois, la donne était différente. J'y allais pour gagner une médaille. Là, le stress n'est pas du tout le même.

Évidemment, lorsque j'étais athlète et que j'étais en plein dedans, ma manière de voir les choses n'était pas la même qu'aujourd'hui. Je peux voir le tout différemment parce que je suis à la retraite. Je peux maintenant replonger dans les états d'esprit qui m'ont habité au cours des quatre Jeux auxquels j'ai participé avec plus de recul.

Mon blogue

D'ici aux Jeux de Rio, je tenterai de vous faire connaître dans ce blogue un aspect plus méconnu des Jeux, peut-être un peu moins accessible au public : la vie dans le village olympique. C'est toujours un moment spécial, à tous les Jeux, d'y mettre les pieds pour la première fois.

Je me souviens encore du moment où je me suis couché dans mon lit pour la première fois dans le village olympique de Sydney. J'étais impressionné de voir à quel point les Jeux olympiques étaient grandioses.

Ce qui m'a le plus marqué, c'est l'organisation impressionnante d'un village olympique, qui est un peu une petite ville en soi. Le transport, les installations, l'immense cafétéria... Cela devient la maison d'environ 17 000 personnes pendant deux semaines si l'on compte les entraîneurs, les athlètes, les docteurs et toutes les équipes de soutien.

D'un pays à l'autre, le village est différent. Chaque pays essaie d'apporter sa touche. Les grands pays ont des immeubles complets, donc on est toujours dans un environnement d'équipe. On apprend à découvrir les athlètes des autres sports, parce qu'on vit les mêmes expériences pendant deux semaines.

C'est d'ailleurs une partie importante de l'expérience olympique, parce que cela devient ton chez toi. On est vraiment dans notre bulle, et on ne porte pas trop attention à ce qui se passe en dehors, puisqu'on est vraiment concentrés sur ce qu'on est en train de faire aux Jeux.

Plus les Jeux avancent, plus les gens se mêlent. Avant d'être en compétition, on est tous pas mal concentrés, mais après, on va festoyer un peu, on sort en ville, on rencontre des athlètes d'autres pays. Le village devient un lieu de rencontre, et on vit tous la même chose. On se comprend tous, que ça ait bien été, ou mal été. On se rejoint tous dans cette expérience, et c'est ce qui fait que c'est un lieu spécial pour tout le monde.

Suivez-moi ici au cours des prochaines semaines pour en apprendre plus!