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L'armée philippine sous pression après l'exécution de John Ridsdel

L'armée philippine se trouve sous pression au lendemain de l'exécution du Canadien John Ridsdel aux mains d'Abou Sayyaf. Plus d'une vingtaine d'otages originaires de six pays, dont le Canadien Robert Hall, sont toujours aux mains des militants, alors que le pays est en pleine campagne électorale.

Le président sortant Benigno Aquino III et ses rivaux ne s'entendent pas sur la façon de combattre ce groupe, qui s'est séparé du Front Moro de libération nationale au début des années 90, et qui se finance maintenant à coups de rançons.

« La pression sur les forces armées est immense », commente l'analyste Julkipi Wadi, professeur à l'Institut des études islamiques de l'Université des Philippines. « Leur approche demeure conventionnelle et largement détachée de la question politique en général. »

L'armée philippine et la police assurent qu'ils poursuivent « sans relâche » leurs efforts contre les combattants du groupe. Dans un communiqué conjoint, ils réitèrent leur volonté ferme « d'amener les responsables devant la justice ».

L'histoire récente enseigne cependant que les forces de sécurité philippines ont eu peu de succès à ce chapitre. De nombreux otages d'Abou Sayyaf ont en fait été libérés après le versement de rançons.

À l'heure actuelle, 2000 militaires appuyés par des hélicoptères ratissent la jungle de la province de Sulu, et plus particulièrement les environs de Patikul, petite localité située non loin de Jolo, où la tête de John Ridsdel a été retrouvée lundi soir.

Selon un officier joint par Associated Press, qui a requis l'anonymat, l'armée philippine a cependant reçu l'ordre de ne pas mener d'assauts qui pourraient mettre des otages en danger. Il leur est interdit, dit-il, de mener des frappes aériennes ou d'utiliser des pièces d'artillerie.

John Ridsdel, 68 ans, avait été enlevé en septembre 2015 alors qu'il se trouvait dans la marina appartenant au complexe hôtelier Holiday Oceanview, situé à 975 km au sud-est de la capitale, Manille.

Robert Hall, 50 ans, sa conjointe Teresita Flor, une Philippine de 40 ans, et Kjartan Sekkinstad, un Norvégien de 56 ans, ont été kidnappés au même moment. Abou Sayyaf détiendrait également 14 Indonésiens et 4 Malaisiens, des marins kidnappés le mois dernier sur un bateau-remorque.

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