DIVERTISSEMENT
23/04/2016 07:52 EDT | Actualisé 23/04/2016 07:53 EDT

Hedley au Centre Bell : la générosité incarnée (PHOTOS)

Pamela Lajeunesse

La formation canadienne Hedley est taillée sur mesure pour le succès populaire qu’elle connaît. Outre la pop-rock rassembleuse qu’elle fait résonner dans nos radios depuis un peu plus de 10 ans, elle est d’une exemplaire générosité en spectacle, additionnant les tubes comme l’espèrent les fans, déployant des mises en scène spectaculaires, interagissant pleinement avec le parterre et offrant toujours un divertissement à la hauteur des attentes.

Vendredi, le Centre Bell et ses 8369 âmes étaient en liesse devant les troupes du leader et chanteur Jacob Hoggard, ont hurlé et chanté à en perdre haleine, ont dansé à en perdre pied et se sont visiblement beaucoup amusés.

L'article se poursuit après la galerie de photos.

Galerie photo Hedley au Centre Bell - 22 avril 2016 Voyez les images

Le style musical de Hedley a une parenté évidente avec celui de Simple Plan, même si le rayonnement des deux groupes n’est évidemment pas le même. Alors que le second jouit d’une reconnaissance internationale, la portée du premier se concentre principalement à l’intérieur des limites du Canada. Mais la réussite est quand même notable, avec d’innombrables premières places aux palmarès, près d’un million d’albums vendus (dont cinq certifiés platine) et 500 000 billets écoulés pour les prestations en arénas depuis 2010 (dont 150 000 uniquement pour la tournée Wild Life, en 2013).

Enfant de la téléréalité Canadian Idol, où il a terminé finaliste en 2004, Jacob Hoggard semble né pour entraîner une foule à sa suite. Parler aux gens lui est naturel, orchestrer des moments de complicité avec les spectateurs aussi. On en a eu quelques beaux exemples vendredi soir.

Hedley s’arrêtant à Montréal environ à tous les deux ans, cette fois, c’était pour défendre le matériel de son sixième album, Hello, que le quatuor originaire de Colombie-Britannique était en ville. Celui-ci se renouvelle peut-être peu au chapitre des sonorités, mais maîtrise tellement l’art de ciseler des refrains sympathiques et accrocheurs qu’on pardonne le manque d’originalité. Si la recette fonctionne…

Épais glaçage

La tournée Hello World pourrait se résumer en quelques expressions simples, pour ne pas dire carrément clichées ou sur-utilisées : explosion de couleurs, avalanche de hits, fête endiablée. Les artistes ne réinventent pas le genre, ils ne donneront donc pas aux journalistes de quoi réinventer la critique! Mais ils offrent à leurs admirateurs d’impeccables rendez-vous, généreux et très bien montés.

Des écrans rectangulaires étroits partout, deux verticaux sur les côtés de la scène, cinq horizontaux derrière les musiciens, qui retransmettent des effets visuels psychédéliques, de joyeux amalgames qui rendent instantanément de bonne humeur. Des éclairages qui vont dans toutes les directions, des ampoules et des projecteurs qui s’illuminent au gré de l’action et des mélodies.

Du rouge, du jaune, du vert, du rose, du bleu, du orange, des mélanges multicolores sur chaque pièce interprétée. Toutes ces décorations en deviennent quasi enfantines à certains instants, mais c’est toujours très joli. Sans compter que le concert s’est ouvert 10 minutes plus tôt que prévu, à 20h30, avec un petit film comique qui fut fort apprécié.

Des «Montreal» inlassablement répétés pour enthousiasmer les estrades, quelques mots de français («Tabarouette, ça va mal «à shop»), une taquinerie sur Toronto, le souvenir d’un premier passage à Montréal au Club Soda avec leur tout premier album, éponyme, il y a une décennie, des demandes à l’assistance de chanter en chœur, les membres de Hedley ne sont pas avares de gentillesses.

Et des chansons, bien sûr, pour la plupart archiconnues. Le glaçage, c’est bien, mais c’est encore mieux lorsque le gâteau est consistant en dessous. Et il l’était vendredi. Hedley voulait clairement faire plaisir et a, pour ce faire, laissé un peu de côté ses plus récentes offrandes tirées de Hello (à l’exception du morceau-titre, de Lost In Translation, de Very First Time, de Can’t Slow Down et de Lose Control).

On a eu droit à un beau panorama de la carrière entière de Hedley, avec des extraits de tous leurs albums : Don’t Talk To Strangers, Perfect (qui a littéralement causé l’hystérie dans l’amphithéâtre dès les premières notes, et que Hoggard a rendue au piano) et Cha-Ching, répertoriées sur The Show Must Go (2009) ; One Life, Heaven’s Gonna Wait et Invincible, des valeurs sûres de Storms (2011) ; Never Too Late (entrecoupée d’échantillons de Sorry, de Justin Bieber, et de Uptown Funk, de Bruno Mars et Mark Ronson), For The Nights I Can’t Remember (où les voix se sont élevées à l’unisson) et Old School, pigées dans la collection de Famous Last Words (2007) ; «l’ancienne» Gunnin’, ressortie des boules à mites et du tout premier disque éponyme d’Hedley (2004) et, enfin, la bombe Kiss You Inside Out, ver d’oreille de 2012, et Crazy For You et Anything, toutes deux puisées sur Wild Life (2013). Les inconditionnels n’ont pas eu le loisir de se plaindre, les joyaux du répertoire de Hedley y étaient tous.

Carly Rae Jepsen attendue

En première partie, Francesco Yates, l’homme derrière le succès Better To Be Loved, a entre autres risqué une relecture de Purple Rain, en hommage à Prince.

Puis, la chanteuse Carly Rae Jepsen est à son tour venue déverser sa pop sucrée. À en juger par l’accueil qui lui a été réservé, la brunette, qui a également participé à Canadian Idol en 2007, était aussi très attendue par le public de Hedley. En ont fait foi les applaudissements qui ont jailli lors de son entrée en piste et, surtout, ceux qui ont salué ses hymnes pimpants Good Time, Call Me Maybe et Really Like You.