NOUVELLES
22/04/2016 02:00 EDT | Actualisé 22/04/2016 02:03 EDT

Le chantier du SLR sera la «Baie James à Montréal», dit Jacques Daoust

Avec ses 5,5 milliards de dollars en investissements, le projet de Service léger sur rails (SLR) qui va voir le jour d'ici quatre à cinq ans dans la grande région métropolitaine est l'équivalent de la « Baie James à Montréal », affirme le ministre des Transports du Québec, Jacques Daoust.

En entrevue sur ICI RDI vendredi matin, le ministre ne cachait pas sa satisfaction devant la perspective que Montréal devienne « l'une des trois villes dans le monde » à bénéficier d'un transport collectif doté « d'un système informatisé complet, sans conducteur ».

«2017 on commence les travaux, 2020 on nous livre [le SLR].»

Jacques Daoust, ministre des Transports du Québec

« Vous partirez de Brossard aux trois minutes », s'émerveille Jacques Daoust qui affirme avoir fait l'essai, au Japon, de SLR si rapides et si fiables qu'ils s'arrêtent à la seconde près dans les gares.

«On veut faire une toile. [...] On veut se raccorder aux lignes verte, bleue, orange [ du métro ] et aussi à la Gare centrale.»

- Jacques Daoust, ministre des Transports du Québec

Un partenariat entre Québec et la Caisse de dépôt et placement

La Caisse de dépôt et placement du Québec injectera trois des 5,5 milliards de dollars nécessaires au projet; les gouvernements provincial et fédéral devront investir le reste. Ce partenariat entre l'État et la Caisse est une proposition « gagnante- gagnante » selon Jacques Daoust.

« La Caisse nous dépose aujourd'hui un projet de financement rentable pour elle et attrayant pour nous », assure M. Daoust.

Rappelons qu'en janvier 2015, la Caisse avait conclu une entente avec le gouvernement du Québec pour l'élaboration d'un nouveau modèle d'affaires par lequel la Caisse peut désormais investir dans de grands projets d'infrastructure ici même, dans la province.

La Caisse investit depuis plus d'une quinzaine d'années dans les infrastructures au Canada, en Europe, aux États-Unis, ainsi qu'en Australie.

En vertu du montage financier instauré pour construire le SLR, le gouvernement du Québec pourrait empocher d'éventuels profits parce que, comme l'explique Jacques Daoust, « la Caisse ne sera pas l'unique propriétaire ».

À partir d'un certain niveau de profits pour un promoteur, a dit M. Daoust en substance, il n'est pas anormal que le gouvernement partage les profits additionnels.

Bombardier dans la mire de Jacques Daoust

Quant au choix des entreprises qui concevront le SLR, le ministre des Transports a dit souhaiter que Bombardier soit de la partie.

« Pour nous ce serait tellement bon que quand la porte [ du wagon ] s'ouvre, ce soit écrit Bombardier », a affirmé Jacques Daoust.

Mais ce sont des mégaprojets, il faut travailler dans des économies globales avec les accords commerciaux que nous avons, a prévenu le ministre. N'empêche que tout en respectant les accords en question, Jacques Daoust estime qu'« on va toujours privilégier nos entreprises ».

Favorisons la concurrence, dit Michael Sabia

Cette intervention du ministre des Transports en faveur de Bombardier a toutefois déplu au PDG de la Caisse de dépôt et répliqué : « nous allons favoriser la concurrence ».

Dans l'optique que ce projet doit être le meilleur, au meilleur prix, avec de faibles tarifs, et dans l'optique aussi que la Caisse est responsable à 100 % de l'appel d'offres, « nous allons favoriser la concurrence », a insisté M. Sabia.

Ce petit différend n'est pas sans rappeler les propos du premier ministre Philippe Couillard selon lesquels le gouvernement allait « respecter totalement l'indépendance de la Caisse » dans la participation de la cette dernière aux projets d'infrastructure.

Une technologie du 21e siècle

Jacques Daoust estime que ce SLR représente « une bouffée d'air frais du 21e siècle » qui stimulera l'économie des zones qui en bénéficieront. « Le long de ces axes-là, il y a toujours des constructions qui se font », affirme-t-il, évoquant tant la construction résidentielle que commerciale.

À son avis, les municipalités touchées n'en tireront que des avantages, d'autant plus que la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) y est étroitement impliquée.

Quant au gouvernement canadien, il ne pourra qu'approuver, selon M. Daoust, puisque les récentes annonces d'investissement du fédéral dans les infrastructures accordaient une large place à l'électrification des transports.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter