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19/04/2016 02:52 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:12 EDT

Turquie: des responsables de la police jugés dans l'affaire du meurtre de Hrant Dink

Des dizaines d'anciens hauts responsables la police turque comparaissaient mardi devant un tribunal d'Istanbul, accusés de négligences dans l'affaire Hrant Dink, un célèbre journaliste turc d'origine arménienne assassiné en 2007.

Au total, 34 personnes, dont 8 actuellement en détention préventive, assistaient à la première audience devant un tribunal pénal d'Istanbul, a rapporté l'agence progouvernementale Anatolie, dans le cadre d'un procès unique rassemblant plusieurs procédures judiciaires.

Plusieurs hauts responsables de la police sont accusés d'avoir délibérément négligé des menaces pesant contre Hrant Dink dont ils avaient été alertés, d'avoir détruit des documents officiels ou encore d'appartenir à une organisation terroriste.

L'un des accusés, Ramazan Akyürek, était chef du service de renseignement de la police de 2006 à 2009. Il a nié avoir été prévenu des menaces qui pesaient sur le journaliste.

Le 19 janvier 2007, Hrant Dink, 52 ans, une figure célèbre de la petite communauté arménienne de Turquie, était abattu de deux balles dans la tête devant le siège d'Agos, le journal bilingue turco-arménien qu'il dirigeait.

Un jeune nationaliste, mineur au moment des faits, Ogün Samast, a rapidement avoué le meurtre du journaliste et a été condamné en juillet 2011 à vingt-trois ans de prison. Mais l'identité de ses commanditaires continue de faire l'objet d'une vive polémique.

Ercan Demir, un autre accusé, était chef-adjoint du service de renseignement de la police de la région de Trabzon (nord-est), d'où le tireur et ses complices présumés étaient originaires.

La justice turque a dans un premier temps écarté la thèse d'un complot, défendue par les partisans de Hrant Dink. Mais un des instigateurs présumés de l'assassinat, Erhan Tuncel, a affirmé qu'il avait informé la police d'une machination contre le journaliste, mais que ses avertissements n'avaient pas été entendus.

En 2013, la Cour de Cassation a ordonné la réouverture du dossier et engagé des poursuites contre plusieurs policiers de haut rang pour avoir négligé les menaces qui pesaient sur le directeur d'Agos.

Hrant Dink oeuvrait à la réconciliation entre Turcs et Arméniens mais était haï par les nationalistes turcs pour avoir qualifié de "génocide" les massacres dont les Arméniens ont été les victimes pendant la Première guerre mondiale sous l'Empire ottoman. La Turquie refuse catégoriquement de reconnaître tout génocide.

gkg/ros