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19/04/2016 10:36 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:12 EDT

Trois collaborateurs du CICR retenus dans le nord du Mali

Trois collaborateurs du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sont depuis le week-end dernier retenus par un groupe non précisé dans la région de Kidal, dans le nord-est du Mali, où ils étaient en mission, a appris l'AFP mardi auprès de cette organisation humanitaire.

Les membres de l'équipe dépêchée depuis le 13 avril à Abéibara, au nord de Kidal, étaient sur le chemin du retour vers cette ville "lorsqu'ils ont été interceptés par quelqu'un qui était à moto et qui leur a demandé de le suivre" le 16 avril, a précisé à l'AFP Valery Mbaoh Nana, porte-parole du CICR à Bamako.

Dans un communiqué lundi, le CICR avait indiqué avoir "perdu contact depuis samedi (16 avril) avec trois de ses collaborateurs qui étaient en mission à Abéibara", affirmant ignorer "à ce stade les raisons de cet incident", sans toutefois clairement parler d'enlèvement et sans préciser leurs identités et nationalités.

Au sein de l'équipe, "ils étaient quatre, il y en a un qui a été libéré" et a raconté au CICR qu'ils avaient campé dans la nuit du 15 au 16 avril dans une zone où ont eu lieu "des opérations des forces françaises de (l'opération) Barkhane" qui traquent les jihadistes dans le Sahel, a expliqué M. Mbaoh Nana.

"Et lors de ces opérations, il semblerait que le guide qui accompagnait l'équipe du CICR aurait été arrêté", a-t-il ajouté.

Selon les informations du CICR, ses collaborateurs "sont détenus dans des conditions acceptables. Ils ne sont pas torturés, ils n'ont pas subi de sévices corporels", a-t-il dit, sans toutefois préciser quel groupe ou communauté les retenait.

Le déroulement des faits a été confirmé à l'AFP par la famille du travailleur humanitaire libéré, indiquant que le guide avait été arrêté par la force Barkhane le 15 avril. Ce membre de la mission a été relâché lundi, "il se porte bien", a-t-on dit.

D'après une source humanitaire distincte, "les ravisseurs ont demandé la libération du guide arrêté par Barkhane avant de libérer" les otages. Elle n'a pas fourni de détails.

Le CICR avait temporairement suspendu ses déplacements dans le nord du Mali après la mort, en mars 2015, d'un de ses chauffeurs maliens, tué dans une attaque revendiquée auprès de l'AFP à Bamako par un responsable du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).

Le Mujao faisait partie des groupes alliés à Al-Qaïda qui ont contrôlé le vaste nord du Mali pendant près de dix mois entre 2012 et janvier 2013.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés de cette région par une intervention internationale déclenchée en janvier 2013 par la France avec son opération Serval, remplacée depuis août 2014 par Barkhane. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.

En février 2014, cinq humanitaires maliens - quatre membres du CICR et un vétérinaire d'une autre ONG - avaient été enlevés alors qu'ils reliaient Kidal à Gao (au sud de Kidal), leur base.

Leur rapt avait aussi été revendiqué par le Mujao. Les cinq otages avaient été libérés mi-avril 2014 à la faveur d'une opération menée par des soldats français.

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