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19/04/2016 04:05 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:12 EDT

Syrie: le régime prêt à discuter d'un "gouvernement d'union élargi"

Le régime syrien est prêt à discuter de la création d'un gouvernement de coalition avec l'opposition aux négociations de Genève, mais pas du sort du président Bachar al-Assad, a déclaré mardi à l'AFP le négociateur en chef de Damas.

L'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar al-Jaafari, qui dirige la délégation du régime aux pourparlers de paix intersyriens, avait jusqu'à présent considéré que la question d'une "transition politique" en Syrie était prématurée.

"Un gouvernement d'union élargi est la seule question à discuter ici", a dit M. Jaafari dans une interview à l'AFP. "Ce n'est pas dans nos compétences, ni dans nos prérogatives, de discuter du sort du président Bachar al-Assad."

L'opposition syrienne, représentée par le Haut comité des négociations (HCN), a annoncé lundi qu'elle suspendait sa participation "formelle" aux négociations de paix de Genève pour protester contre la "détérioration" de la situation en Syrie.

Elle a toutefois ajouté qu'elle resterait à Genève et continuerait à prendre part dans son hôtel à des discussions "techniques" avec l'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

Le HCN, qui regroupe les principaux représentants de l'opposition et de la rébellion syriennes, exige le départ du président syrien Bachar al-Assad, au pouvoir depuis 16 ans, avant la mise en place d'un "organe gouvernemental de transition". Le régime considère que le sort du président Assad n'est pas négociable.

Malgré ce fossé, le médiateur de l'ONU a estimé lundi que les délicates négociations engagées depuis janvier avaient permis "un progrès majeur": "tout le monde est d'accord sur le fait que +la transition politique+ est à l'ordre du jour".

M. Jaafari a par ailleurs rejeté catégoriquement une proposition formulée par le médiateur de créer trois postes de vice-présidents choisis par l'opposition et de ne laisser au président Assad qu'un rôle protocolaire.

Cette idée "ne sera jamais discutée dans aucune session car elle ne relève pas de l'autorité des négociateurs à Genève", a-t-il dit.

Le HCN a également rejeté cette proposition.

Soucieux de sauver un processus de paix menacé par les violations de la trêve et par le retrait partiel de l'opposition, M. De Mistura a annoncé qu'il allait tout de même continuer ses consultations avec les différents groupes venus à Genève.

Il devait notamment rencontrer dans l'après-midi le groupe de travail (taskforce) sur la cessation des hostilités mis en place après l'entrée en vigueur de la trêve le 27 février.

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