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19/04/2016 02:48 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:12 EDT

Suisse : procédure de naturalisation suspendue pour deux élèves musulmans et leur famille

Les autorités suisses ont suspendu la procédure de naturalisation de la famille de deux adolescents musulmans syriens qui refusent de serrer la main de leur enseignante pour des motifs religieux, a-t-on appris mardi auprès de l'administration du canton de Bâle-campagne (nord de la Suisse).

Dans un courriel reçu par l'AFP, le porte-parole de l'administration cantonale a indiqué que la procédure, engagée en janvier, avait été suspendue "la semaine dernière".

La décision a été prise après le tollé provoqué en Suisse il y a deux semaines par le refus des deux fils d'un imam, âgés de 14 et 15 ans, de serrer la main de leur enseignante, comme c'est la coutume dans les écoles helvétiques.

Les adolescents, scolarisés dans un établissement de la commune de Therwil, ont expliqué que selon l'islam, un homme ne doit pas toucher une femme étrangère à la famille. Le plus jeune des deux frères a expliqué dans une interview qu'il avait eu connaissance de cette règle en regardant un prêche sur Internet.

Devant leur refus, la direction de l'école leur a accordé une dispense, ce qui a provoqué un tonnerre de protestations en Suisse.

La ministre suisse de l'Intérieur, Simonetta Sommaruga, a rappelé que "la poignée de main fait partie de notre culture" et estimé que le refus des deux élèves "ne peut pas être accepté au nom de la liberté de croyance".

La Fédération d'organisations islamiques de Suisse (FOIS) a indiqué de son côté qu'une poignée de main entre un homme et une femme "est permis sur le plan théologique".

Les autorités du canton de Bâle-campagne ont finalement décidé de demander une expertise juridique, dont le résultat devrait être connu fin avril, début mai.

Le père des deux adolescents, imam d'une mosquée controversée de Bâle, est arrivé en Suisse en 2001 en tant que demandeur d'asile en provenance de Syrie.

L'Office cantonal de la migration, chargé des demandes de naturalisation, a convoqué la famille pour éclaircir notamment les conditions dans lesquelles le père a pu bénéficier d'un statut de demandeur d'asile.

Selon la presse suisse, les filles aînées de la famille sont elles rentrées en Syrie où elles ont terminé leur scolarité.

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