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19/04/2016 02:12 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:12 EDT

Les migrants renvoyables en Turquie commencent à être libérés sur les îles grecques

La Grèce a commencé à laisser sortir des camps de détention sur les îles les demandeurs d'asile renvoyables en Turquie en vertu de l'accord UE-Ankara, près de 7.500 personnes au total, a indiqué mardi l'Organe de coordination de la politique migratoire.

Au delà de 25 jours de rétention, ceux qui ont demandé l'asile, soit "l'écrasante majorité" des personnes arrivées après l'entrée en vigueur de l'accord le 20 mars, "sont autorisés à quitter les camps", a précisé un porte-parole de ce service (Somp).

Mais ils ne peuvent pas quitter les îles, et doivent y rester à la disposition des autorités, a-t-il précisé.

Cette mesure doit notamment permettre de soulager les centres de rétention, dont celui de Moria à Lesbos visité par le pape François samedi, dont les conditions de vie sont dénoncées comme indignes par les ONG.

Environ 3.000 personnes restent toujours enfermés dans ce camp.

Mais ces exilés restent voués au renvoi en Turquie si leur demande d'asile en Grèce est rejetée, à l'issue d'une procédure accélérée de 15 jours.

Grâce à l'arrivée d'une centaine d'experts européens de l'asile, un quart des renforts promis par l'Union européenne, les services grecs ont entamé depuis la semaine dernière l'examen de "plusieurs centaines" de ces demandes, selon le Somp.

Les prochains renvois auront lieu "quand un nombre suffisant de personnes n'ayant pas demandé l'asile ou dont les demandes ont été rejetées aura été identifié", a-t-il indiqué.

Au vu des délais de procédure, Athènes avait prévenu d'une telle "pause" dans l'opération de renvoi, entamée la semaine du 4 avril avec l'expulsion d'un total de 325 personnes, surtout des Pakistanais, officiellement non demandeurs d'asile.

La baisse des arrivées de Turquie depuis la mise en vigueur de l'accord UE-Ankara qui vise à couper la route égéenne, s'est par ailleurs confirmée avec une stabilisation autour d'une centaine d'arrivées quotidiennes, un dixième de celles enregistrées cet été.

A ce rythme là, "cela fait quand même encore plus de 3.000 par mois", de quoi "rendre à nouveau la situation difficile" à gérer pour la Grèce "si parallèlement le plan européen de répartition dans l'UE des réfugiés arrivés avant le 20 mars ne s'accélère pas", a souligné le Somp.

Quelques 50.000 personnes, dont au moins une moitié éligible à ces relocalisations, restent bloqués en Grèce depuis la fermeture de la route des Balkans, fin février, dont plus de 10.000 livrés à leur sort à Idomeni, à la frontière avec la Macédoine.

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