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19/04/2016 07:17 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:12 EDT

La France renforce ses unités d'élite face au risque d'attentats de masse

Les unités d'élite des forces de l'ordre en France vont être renforcées et leur coordination améliorée pour faire face à des attentats de masse comme ceux qui ont frappé la France en novembre 2015, a annoncé mardi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

"L'heure n'est pas à la concurrence des forces, mais à l'unité", a expliqué le ministre, alors que les traditionnelles rivalités entre forces de police et de gendarmerie ont pu par le passé compliquer interventions à chaud et enquêtes.

"Face à des ennemis déterminés à nous frapper en provoquant le plus de dommages possibles, sans volonté de négocier et dont la propre mort fait partie de la philosophie et de la stratégie, nous avons besoin de forces performantes (...) qui travaillent les unes avec les autres et qui poursuivent les mêmes objectifs", a souligné Bernard Cazeneuve.

De nouvelles antennes du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) et du Raid (recherche intervention assistance dissuasion, unité de police) vont être créées en province et les effectifs de la police antigang parisienne, qui compte actuellement une centaine de fonctionnaires, vont être doublés, a-t-il détaillé.

En cas de crise grave ou d'attaque d'envergure, les traditionnelles zones de compétences des gendarmes, compétents en zones rurales, et des policiers, concentrés sur les zones urbaines, seront par ailleurs suspendues.

"En cas de tuerie de masse, c'est durant les premières minutes que les terroristes font le plus grand nombre de victimes", a souligné le ministre de l'Intérieur. "Nous devons donc réagir le plus rapidement possible, comme nous devons constamment anticiper l'éventualité d'une telle attaque", a-t-il dit, évoquant la "guerre du temps qu'implique désormais toute riposte antiterroriste".

Cette réforme devait trouver une première concrétisation mardi soir avec un exercice commun face à une simulation d'attaque terroriste à la gare Montparnasse à Paris, sous l'oeil des caméras et des photographes.

Les attentats jihadistes du 13 novembre à Paris contre la salle de spectacle du Bataclan, le stade de France et plusieurs terrasses de cafés, ont fait 130 morts et des centaines de blessés. L'intervention des forces de l'ordre ce jour là, ainsi que la traque des auteurs de l'attaque contre Charlie Hebdo en janvier 2015, ont mis en lumière la persistance d'une "guerre des polices".

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