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19/04/2016 04:57 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:12 EDT

Johanne Alice Côté remporte le Prix de la nouvelle Radio-Canada 2016

Le jury du Prix de la nouvelle Radio-Canada, composé cette année de Nancy Huston, d'Alain Farah et de Sophie Bienvenu, a choisi d'accorder le Prix de la nouvelle Radio-Canada 2016 à Johanne Alice Côté pour Je t'écrirai dans l'air, l'histoire d'une jeune femme en détresse qui se réfugie sur la Côte-Nord et trouve sa force dans sa relation avec la nature.

L'auteure sera en entrevue avec Marie-Louise Arsenault àPlus on est de fous, plus on lit! jeudi 21 avril entre 13 h 30 et 15 h sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première.

Le nom du lauréat du CBC Short Story Prize a également été dévoilé, lundi, et on peut lire son texte sur CBC Books.

Notez que les inscriptions sont présentement en cours pour un autre de nos prix de création : le Prix de poésie Radio-Canada 2016.

Une enfance au bord de la voie ferrée

Johanne Alice Côté est née au New Hampshire en 1960 et a grandi en Beauce dans un édifice à logements collé sur une voie ferrée. La voie ferrée a marqué son imaginaire et l'a peut-être « un peu prédestinée au vagabondage » : elle a vécu à Québec, à Ottawa, au Saguenay, dans Charlevoix et en Angleterre, et elle vit à Montréal depuis 15 ans.

Elle a touché au théâtre, à la chanson et au conte, et espère terminer cette année ce roman qu'elle « travaille et qui la travaille depuis trop longtemps ». Il y sera question d'identité, de racines, de dépossession territoriale, de transmission et des secrets portés par les ancêtres.

Sa nouvelle Je t'écrirai dans l'air a été choisie parmi près de 700 nouvelles inédites soumises au concours cette année.

Ce qu'elle aime dans la nouvelle, c'est l'espace qui est donné pour imaginer, en dehors de ce qui est écrit. 

Trouver la force d'écrire

« Dans l'enfance, j'ai écrit des histoires, je fabriquais des livres que je reliais avec du fil à broder. Quand j'étais adolescente, j'écrivais des lettres, j'avais des correspondants dans une dizaine de pays, j'écrivais des chansons sur mes peines d'amour, des scènes de théâtre, j'écrivais un journal. Mais je n'avais aucune idée qu'on pouvait vouloir devenir écrivain, je pensais que c'était quelque chose qui arrivait, sans qu'on sache comment. »

Johanne Alice Côté a vécu quatre ans dans un chalet sans eau courante l'hiver, à « entretenir le trou dans la glace du ruisseau, taper ses trails en raquettes, fendre du bois, rentrer le bois pour chauffer ». Elle pensait pouvoir y écrire, mais c'est le contraire qui s'est produit. 

Selon elle, écrire c'est « relire, relire, attendre que ça se place, laisser incuber. Et dans ce long processus, quand il ne se passe rien, ne pas perdre confiance ».

Une nouvelle empreinte d'une force tranquille

Le jury a été ému par « la force tranquille qui traverse Je t'écrirai dans l'air, l'intelligence de cette prose teinte sobrement du patrimoine innu de même que l'inventivité avec laquelle ce texte revisite le rapport à la nature ».

La narratrice, qui porte au ventre un « secret triste et glacial », adresse, depuis son lieu d'exil, une lettre fugace à un être fantôme. Accueillie par une tante chaleureuse, la narratrice tente de « s'en remettre ». Fragile mais confiante, elle passe du rêve à l'éveil, constate le mouvement incessant du monde, un monde où les cauchemars comme les accidents humains résonnent au bord des lacs et de rivières.

Une bourse de 6000 $

Johanne Alice Côté recevra 6000 $, offerts par le Conseil des arts du Canada, et aura droit à une résidence d'écriture au Centre Banff, en Alberta. Sa nouvelle sera publiée dans le numéro xxx du magazine enRoute d'Air Canada, qui compte 1 million de lecteurs mensuellement.

Les quatre finalistes recevront quant à eux chacun 1000 $, offerts par le Conseil des arts du Canada. Les voici :

  • Mathieu Blais pour Séparation de corps, une nouvelle « dure, frontale et nécessaire » qui raconte un épisode de violence conjugale.
  • Laurent Duval pour Long-courrier, qui raconte l'histoire d'une femme qui traverse une zone de turbulence pendant le long voyage anxiogène qui la conduit vers l'homme de sa vie. Pour survivre, elle s'accrochera à un seul désir : celui de le retrouver.
  • Victor-Olivier Hamel-Morasse pour Tout le monde tout le temps, qui raconte l'histoire d'un homme qui se promène dans une ville de Montréal recouverte d'eau, à la recherche de l'auteure d'une lettre.
  • Brigitte Trudel pour L'anguille, qui raconte l'histoire de deux petites filles, de leurs grands-parents qui les aiment, et de leur maman et leur papa qui ne s'aiment peut-être plus tant. C'est un moment de la vie qui bascule, instant où la tristesse et la tendresse s'entremêlent pour tisser les liens familiaux sources d'ancrages, mais aussi de blessures.

Véritables tremplins pour les auteurs canadiens, les Prix de la création Radio-Canada sont ouverts à tous, amateurs ou professionnels. Ils récompensent chaque année les meilleurs récits, nouvelles et poèmes inédits soumis au concours. Le gagnant reçoit 6000 $, offerts par le Conseil des arts du Canada, une résidence d'écriture au Centre Banff, en Alberta, et voit son texte publié dans le magazine enRoute d'Air Canada et sur ICI Radio-Canada.ca. Les finalistes reçoivent chacun 1000 $, offerts par le Conseil des arts du Canada, et leur texte est publié sur ICI Radio-Canada.ca.