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19/04/2016 09:13 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:12 EDT

Irak: le chef du Parlement suspend les sessions jusqu'à "nouvel ordre"

Le président du Parlement irakien Salim al-Joubouri a annoncé mardi la suspension "jusqu'à nouvel ordre" des sessions de cette chambre après une semaine de disputes entre les députés sur la composition d'un nouveau gouvernement.

Cette crise politique survient sur fond d'une importante crise économique due à la baisse des prix du pétrole, et alors que l'Irak mène une campagne contre le groupe extrémiste Etat islamique (EI) qui contrôle de vastes territoires à l'ouest et au nord de Bagdad.

Jeudi, des députés ont voté la destitution de M. Joubouri et ont désigné Adnane al-Janabi comme remplaçant intérimaire, créant ainsi une situation inédite avec deux présidents du Parlement.

M. Joubouri a contesté le résultat du vote, affirmant que le quorum requis de 165 élus n'avait pas été atteint et que sa destitution était donc "inconstitutionnelle", mais ses détracteurs sont restés sur leurs positions.

"J'annonce la suspension des sessions (...) du Parlement irakien jusqu'à nouvel ordre", a-t-il affirmé dans un communiqué, ajoutant que cette décision avait été prise "pour préserver la réputation du Parlement".

La crise politique actuelle a débuté quand le Premier ministre Haider al-Abadi a voulu remplacer le gouvernement actuel, composé de politiciens, par un cabinet de technocrates dont la mission serait de mener des réformes anticorruption, mais elle s'est vite transformée en campagne hostile à M. Joubouri, un proche de M. Abadi.

Les puissants blocs politiques s'inquiètent de perdre les privilèges dont ils bénéficient grâce aux postes de ministres dont leurs membres disposent.

Le président irakien Fouad Massoum a proposé mardi un au Parlement la tenue d'une "session extraordinaire" pour voter la destitution ou non de M. Joubouri. La proposition a été acceptée par M. Joubouri mais rejetée par ses opposants qui estiment que la question a déjà été réglée.

Selon un responsable parlementaire, M. Janabi a appelé lui à la tenue d'une séance jeudi.

L'ONU et les Etats-Unis ont exprimé leur inquiétude de voir les querelles politiques prendre le pas sur la lutte contre les jihadistes.

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