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19/04/2016 06:00 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:12 EDT

Gay Pride de Jérusalem: un juif ultra-orthodoxe reconnu coupable d'assassinat

Un juif ultra-orthodoxe a été reconnu mardi coupable de l'assassinat d'une adolescente israélienne qu'il avait poignardée lors de la Gay Pride à Jérusalem en 2015 ainsi que de tentatives de meurtres contre d'autres participants, a-t-on appris de source judiciaire.

La peine qu'il devra effectuer sera prononcée lors d'une prochaine audience dont la date n'a pas encore été annoncée.

En juillet dernier, Yishaï Shlissel, 39 ans à l'époque des faits, s'était précipité sur le défilé qui parcourait Jérusalem, armé d'un couteau. Shira Banki, 16 ans, grièvement touchée avait succombé à ses blessures quelques jours plus tard, tandis que six autres personnes avaient été blessées.

Le geste de Shlissel avait causé un émoi d'autant plus grand en Israël que l'homme avait été libéré quelques semaines auparavant, après avoir purgé 10 ans de prison pour une agression similaire lors d'une précédente marche des fiertés à Jérusalem en 2005. Il avait alors blessé trois personnes.

Il s'était abondamment répandu contre les homosexuels sur différents forums avant de passer à nouveau à l'acte l'année dernière.

Inculpé d'assassinat le 24 août, Yishaï Shlissel n'avait montré aucun remords devant le tribunal. Il avait même estimé que "la marche des fiertés devait être arrêtée pour permettre à l'âme de Shira Banki de s'élever vers le paradis".

"Quiconque participe à la Gay Pride de Jérusalem déclare la guerre à Dieu, et celui qui défie Dieu ne peut demander à être plaint", avait-il martelé.

La police israélienne avait été vivement critiquée pour son incapacité à l'empêcher de passer de nouveau à l'acte et des limogeages jusqu'aux plus hauts niveaux de l'institution avaient suivi cette attaque.

Dans son jugement rendu mardi, le tribunal affirme que "la police israélienne savait que l'accusé, libéré peu avant le défilé, représentait un danger". "La facilité avec laquelle l'accusé a pu infiltrer le défilé et s'en prendre aux participants avant d'être arrêté est incompréhensible", poursuit le texte.

Pour les juges, qui dénoncent comme "absurde" la libération de Shlissel sans supervision ni accompagnement, "les leçons qui auraient dû être tirées de la Gay Pride de 2005 ne l'ont pas été".

L'agression survenue le 30 juillet, suivie le lendemain d'une attaque imputée à des extrémistes juifs contre une maison palestinienne en Cisjordanie occupée, avait causé une onde de choc dans la société israélienne et remis en lumière les violences de fanatiques juifs.

La presse avait publié des photos prises au moment des faits montrant Shlissel, le visage encadré d'une barbe drue et de longues papillotes noires, revêtu de la tenue sombre des ultra-orthodoxes, brandissant son couteau, ses yeux exorbités derrière de petites lunettes dorées.

Des députés israéliens militants pour la cause homosexuelle ont estimé que "les crimes haineux envers la communauté homosexuelle sont une tâche qui salit l'ensemble de la société israélienne", appelant à "dénoncer les auteurs" de tels actes.

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