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19/04/2016 09:19 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:12 EDT

France: une affiche syndicale sur les violences policières fait controverse

Une matraque, une flaque de sang et un insigne de la police: l'affiche provocatrice d'un syndicat a déclenché une vive polémique en France autour des violences policières, dans un climat social tendu par la mobilisation contre un projet de réforme du code du travail.

"La police doit protéger les citoyens et non les frapper!", proclame l'affiche, téléchargeable depuis samedi sur le site du syndicat CGT des salariés de l'information et de la communication.

"Un pouvoir politique sur les dents et des forces de l'ordre qui font du zèle, on ne compte plus les excès de la police qui veut mater les jeunes", peut-on lire sur le site, qui appelle à "riposter si besoin".

Une affiche "outrageante", "extrêmement choquante" et "très injuste", a réagi mardi sur France Info Jean-Marc Falcone, le patron de la police, alors que les syndicats de policiers se sont indignés d'un "appel à la haine".

L'affiche a aussi été largement condamnée dans la classe politique.

"Scandaleux, indigne, honteux", a fustigé le député Les Républicains ( droite) Eric Ciotti. Le chef du Parti socialiste au pouvoir Jean-Christophe Cambadélis a dénoncé un discours "gauchistes".

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a évoqué mardi une campagne "irresponsable et médiocre".

Depuis début mars, plusieurs syndicats de salariés et organisations de jeunesse sont engagés dans un bras de fer avec le gouvernement pour obtenir le retrait du projet de loi sur le droit du travail. Leurs manifestations donnent régulièrement lieu à des échauffourées entre des militants et les policiers.

En outre, en marge du mouvement Nuit debout lancé le 31 mars place de la République à Paris, des manifestations sauvages dégénèrent aussi en affrontements avec la police.

Le 24 mars, la vidéo d'un lycéen violemment frappé au visage par un policier en marge d'un défilé à Paris avait suscité un tollé. Le policier impliqué comparaîtra en mai pour violences volontaires.

Depuis cet événement, les manifestants dénoncent régulièrement une "répression" disproportionnée des forces de l'ordre.

Dans une lettre au ministre de l'Intérieur, le syndicat contestataire Solidaires a estimé que "depuis le début du mouvement contre la loi travail, le comportement d'une partie des forces de l'ordre est inadmissible".

Le ministre de l'Intérieur avait fait état vendredi de "151 policiers blessés" depuis le début des manifestations.

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