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19/04/2016 12:24 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:12 EDT

France: motion de défiance contre le patron de l'info à la télévision publique

Les journalistes du groupe audiovisuel public France Télévisions ont adopté mardi à une majorité de 65% des voix une motion de défiance contre leur directeur de l'information, dont ils fustigent les méthodes.

A la question "Faites-vous confiance à Michel Field pour diriger l'information de France Télévisions?", 65,14% des journalistes ont répondu "Non", 18,26% ont répondu "Oui" et 16,60% ne se sont pas prononcés, ont indiqué les sociétés des journalistes (SDJ) de France 2, France 3 et France TV info.

Ces associations de journalistes avaient décidé d'organiser ce vote pour protester contre "le mépris, la désinvolture et parfois la grossièreté affichés par le directeur de l'info" qui avait toutefois exclu de démissionner avant le vote.

Elles dénoncent également "l'absence de réponses concrètes aux multiples interrogations suscitées" par la création d'une chaîne publique d'info en continu, ou encore l'épineux dossier de la fusion des rédactions de France 2 et France 3, initié par l'équipe précédente et repris par Michel Field.

Le climat s'est encore envenimé à la suite de propos abrasifs tenus par Michel Field sur la chaîne privée Canal+. Il y avait brocardé une grève des journalistes en reprenant une formule célèbre de l'ancien président Jacques Chirac: "ça m'en touche une sans faire bouger l'autre".

Parallèlement à ces affaires, une polémique s'est développée sur des soupçons de connivences avec le pouvoir socialiste, après la déprogrammation d'une syndicaliste invitée à faire partie d'un panel de Français interrogeant le 14 avril sur France 2 le président François Hollande.

Pour Manuel Tissier, de la société des journalistes (SDJ) de France 2, il paraît désormais "difficile pour lui (Michel Field) de gouverner" à l'issue de ce vote. "On ne veut pas rentrer dans un rapport de force ou de chantage, je ne crois pas que ce soit notre rôle", a-t-il ajouté.

"On n'était pas là pour tuer Michel Field, on était là pour lui dire que dans toutes les rédactions, il faut penser au pluralisme de l'information", a renchéri Pascale Justice de la SDJ de France 3. "On attend maintenant de voir quelles conclusions vont en tirer Michel Field et la direction".

L'ancien journaliste âgé de 61 ans, nommé en décembre à la tête de l'info, a déjà reconnu ce weekend certaines erreurs. "Il s'agit de tisser un lien que je n'ai pas su tisser à mon arrivée. J'hérite d'une immensité de dossiers simultanés", s'est-il justifié dans un entretien au quotidien Le Parisien.

Contactée par l'AFP, la direction de France Télévisions s'est, elle, refusée mardi à tout commentaire à l'issue du résultat du vote.

Ancien professeur de philosophie reconverti dans le journalisme et l'écriture, Michel Field, 61 ans, est une figure connue des médias en France, où il a présenté pendant plus de 20 ans des émissions politiques et culturelles sur différentes radios et télévisions.

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