NOUVELLES
19/04/2016 05:47 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:12 EDT

Egypte: un policier tue un vendeur ambulant pour un verre de thé

Un policier égyptien a tué mardi au Caire un vendeur ambulant après une dispute concernant le prix d'un verre de thé, a annoncé le ministère de l'Intérieur au moment où les services de sécurité sont accusés de multiplier les violences en toute impunité.

Le policier a été arrêté, selon un responsable de la sécurité, alors que quelque dizaines de personnes ont manifesté sur la scène du drame qui s'est déroulé dans une banlieue de l'est du Caire, scandant "les policiers sont des voyous".

Les abus policiers ont été l'un des principaux facteurs ayant déclenché la révolte populaire qui a mis fin au régime de Hosni Moubarak début 2011, mais ces pratiques sont redevenues monnaie courante sous le président Abdel Fattah al-Sissi.

"Lors d'une patrouille de police, une dispute a éclaté entre un policier et un vendeur de boissons à cause d'un différend sur le prix", a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. "Le policier a ouvert le feu, tuant le vendeur et blessant deux passants".

Depuis que l'ex-chef de l'armée et actuel président Sissi a destitué son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi en 2013, il est accusé par les organisations de défense des droits de l'Homme de diriger un régime très répressif.

Les ONG de défense des droits de l'Homme dénoncent régulièrement des disparitions d'opposants, des tortures et des tabassages à mort par les services de sécurité. Le président Sissi en personne avait demandé récemment aux policiers de faire preuve de retenue et prévenu qu'ils auraient "des comptes à rendre", après plusieurs cas de morts brutales dans des commissariats.

Début avril, un policier a été condamné à la prison à vie -qui équivaut à 25 années de détention en Egypte- pour avoir tué par balle après une dispute un chauffeur qui lui livrait de la marchandise.

L'année dernière, plusieurs policiers ont été arrêtés pour des violences mortelles envers des détenus. Certains ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

mon-tgg/mer