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19/04/2016 09:22 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:12 EDT

Cameroun: six tonnes d'ivoire brûlées en public à Yaoundé

Plus de six tonnes d'ivoire saisies à des braconniers par les services camerounais de protection de la faune et des forêts ont été incinérées mardi en public dans Yaoundé, une première dans ce pays d'Afrique centrale, a constaté l'AFP.

Cette destruction par le feu concerne 2.000 défenses d'éléphants pour un poids de 3,510 tonnes et 1.753 objets d'art et d'artisanat pesant au total 2,613 tonnes.

"Le Cameroun a signé trois accords de coopération avec des Etats voisins en vue de faire front commun contre le braconnage transfrontalier", a déclaré à cette occasion le ministre camerounais en charge de la Faune, Ngole Philip Ngwese.

Trois éco-gardes, quatre garde-chasses et un guide villageois ont été abattus au Cameroun par les braconniers depuis quatre ans, a précisé le ministre.

Plus de 1.000 éco-gardes ont été déployés dans les aires les plus exposées au braconnage cette année. 2.000 armes ont également été saisies, selon le ministre.

Le Cameroun a intensifié la lutte contre le braconnage et le trafic d'ivoire après un massacre important d'éléphants survenu dans le parc national de Bouba-Ndjida (nord), début 2012. L'armée a été appelée en renfort pour chasser les bandes de trafiquants qui sévissent dans la région. Les gardes-forestiers ont par ailleurs été équipés d'armes pour riposter aux attaques régulières des braconniers.

Les pays africains, notamment le Kenya, procèdent régulièrement à la destruction publique par le feu des défenses d'éléphants saisies aux braconniers et aux revendeurs, mais les massacres se poursuivent malgré le renforcement ponctuel de la lutte contre les trafiquants, en raison de la forte demande commerciale.

Plus de 30.000 éléphants sont tués chaque année en Afrique pour alimenter un trafic mondial d'ivoire à destination essentiellement de la Chine et de l'Asie du Sud-Est, où un kilo d'ivoire brut se négocie environ 1.000 euros.

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