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19/04/2016 06:54 EDT | Actualisé 20/04/2017 01:12 EDT

Burundi: deux morts et des blessés dans deux incidents à Bujumbura

Deux personnes ont été tuées et quatre autres blessées dans la nuit de lundi à mardi à Bujumbura au cours de deux incidents distincts, a appris l'AFP de sources officielles, le tout dans un contexte de recrudescence des violences à travers le pays.

Dans le quartier de Ngagara, dans le nord de la capitale burundaise, "trois hommes armés de deux Kalachnikovs et d'une grenade ont fait irruption dans un bar vers 21H30. Ils ont lancé une grenade puis tiré sur un groupe de quatre personnes", a annoncé à l'AFP le porte-parole adjoint de la police, Moïse Nkurunziza, faisant état d'"un mort, une jeune fille, et trois blessés graves".

Plus loin, à la frontière de ce quartier avec celui voisin de Cibitoke, "des policiers ont tenté d'arrêter un tuk-tuk mais le chauffeur n'a pas obtempéré", selon une source administrative locale.

"Les policiers ont tiré" et "une jeune étudiante a été touchée mortellement et un de ses amis a été blessé", a-t-il ajouté.

Cette information a été confirmée à l'AFP par la famille de la victime, Cynthia Hakizimana.

Le porte-parole adjoint de la police n'a pas pu confirmer ou infirmer cet incident qui, a-t-il dit, n'a pas été porté à son attention.

Ces incidents surviennent après une série d'attaques qui font craindre une recrudescence des violences dans le pays.

Au moins 30 attaques ont eu lieu à Bujumbura et dans plusieurs provinces au cours du mois de mars, tuant au moins un civil et quatre soldats, selon un rapport du Haut commissaire aux droits de l'homme de l'ONU rendu public lundi.

Samedi, quatre membres du parti au pouvoir au Burundi, le CNDD-FDD, ont été tués dans deux attaques distinctes dans la commune de Mugamba (sud), selon des sources administratives sur place. L'information a été confirmée par la police mardi.

Le Burundi a plongé dans une grave crise émaillée de violences lorsque le président Pierre Nkurunziza a annoncé sa candidature en avril 2015 pour un troisième mandat avant d'être réélu en juillet.

Selon l'opposition, la société civile et une partie de son camp, il a ce faisant violé la constitution ainsi que l'accord d'Arusha qui mit fin à la guerre civile entre 1993 et 2006 (300.000 morts).

Selon un responsable onusien en poste à Bujumbura, les violences ont déjà fait plus de 500 morts depuis le début de la crise et le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés estime désormais à plus de 270.000 le nombre de Burundais qui ont fui leur pays.

L'ONU a également répertorié au moins 345 cas de torture et mauvais traitements depuis le début de l'année.

esd/fal/fra