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18/04/2016 06:33 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Yémen: les pourparlers de paix reportés en l'absence des rebelles

L'ONU a annoncé le report sine die des négociations de paix sur le Yémen prévues lundi à Koweït, en appelant les rebelles qui n'ont envoyé aucune délégation à se joindre aux pourparlers pour sauver leur pays.

Ces négociations sont appelées à trouver une solution au conflit au Yémen entre le pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par l'Arabie saoudite, et les rebelles chiites soutenus par l'Iran, alors qu'un cessez-le-feu, décrété il y a une semaine, a été violé maintes fois.

Les rebelles Houthis ainsi que leurs alliés n'ont pas envoyé de délégation en se plaignant de "violations saoudiennes" de la trêve instaurée le 10 avril à minuit au Yémen.

Le gouvernement de M. Hadi a dépêché ses représentants à Koweït, après avoir lui aussi accusé les rebelles de violations du cessez-le-feu.

"En raison de développements ces dernières heures, les négociations de paix ont été retardées", a indiqué le médiateur de l'ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, sans annoncer de nouvelle date pour le lancement des pourparlers.

"Nous travaillons pour surmonter les derniers défis et demandons aux délégations de montrer de la bonne foi et de participer aux négociations afin de parvenir à un règlement pacifique", a-t-il ajouté, en soulignant que les "prochaines heures seront cruciales".

- 3 morts dans une attaque rebelle -

Le diplomate mauritanien a tenu à "remercier la délégation du gouvernement du Yémen pour son engagement et son arrivée à temps" à Koweït.

Il a espéré voir les rebelles et leurs alliés, les forces restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, "ne pas manquer l'occasion d'épargner au Yémen plus de pertes humaines et de mettre fin au cycle des violences qui a embrasé le pays".

Les médias contrôlés par les rebelles affirment que les raids de l'aviation de l'Arabie saoudite, qui conduit une coalition arabe soutenant le pouvoir de M. Hadi, n'ont pas cessé en dépit du cessez-le-feu.

Lundi, un colonel pro-Hadi et deux soldats ont été tués dans une attaque rebelle contre leur position dans la province de Marib, à l'est de Sanaa, ont indiqué des sources militaires en faisant état d'affrontements sporadiques au nord-est de Sanaa et d'une accalmie sur les autres lignes de front.

Malgré "certaines violations" de la trêve, le médiateur de l'ONU avait confirmé que le nouveau round de négociations interyéménites s'ouvrirait lundi à Koweït.

Toutes les précédentes tentatives de trêve et de pourparlers -le dernier round de discussions en décembre en Suisse- ont échoué.

Le conflit oppose le pouvoir aux Houthis qui l'ont chassé de la capitale Sanaa en septembre 2014 avec l'aide d'unités de l'armée restées fidèles à M. Saleh.

La guerre a pris une dimension régionale lorsqu'en mars 2015, l'Arabie saoudite a pris la tête d'une coalition arabo-sunnite pour enrayer l'avancée des Houthis, perçus comme des "agents de l'Iran" chiite.

- 'Pas question d'échouer' -

Les forces progouvernementales aidées par la coalition ont reconquis des territoires, principalement dans le sud, mais le conflit s'est enlisé et la population civile apparaît comme la principale victime.

Depuis mars 2015, la guerre a fait 6.400 morts, pour moitié des civils, et plus de 30.500 blessés, tandis que 2,8 millions de personnes ont été déplacées et 80% de la population a besoin d'une assistance humanitaire, selon l'ONU.

Evoquant vendredi devant le Conseil de sécurité le nouveau round de négociations, le médiateur de l'ONU a affirmé: "nous n'avons jamais été aussi proches de la paix" et "il n'est pas question d'échouer".

L'une des principales divergences porte sur la mise en oeuvre de la résolution 2216 de l'ONU, qui prévoit le retrait des rebelles de toutes les zones qu'ils occupent, y compris Sanaa, la restitution des armes lourdes à l'Etat et la relance du processus politique.

Le conflit s'est aggravé avec l'implication croissante de groupes jihadistes, comme Al-Qaïda et l'organisation de l'Etat islamique.

Les pourparlers, selon l'ONU, sont censés porter sur cinq grands sujets: "le retrait des milices et des groupes armés, la restitution des armes lourdes à l'Etat, des arrangements intérimaires de sécurité, le rétablissement des institutions de l'Etat et la reprise d'un dialogue politique inclusif, en plus de la création d'une commission spéciale pour les prisonniers et les détenus".

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