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18/04/2016 02:11 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Une année de guerre au Yémen

Le conflit qui saigne le Yémen depuis plus d'un an et déstabilise la région sur fond de rivalité entre Ryad et Téhéran a fait 6.400 morts:

- "Tempête décisive" -

Le 26 mars 2015, neuf pays --monarchies du Golfe (sauf Oman), Egypte, Jordanie, Maroc, Soudan-- dirigés par l'Arabie saoudite lancent l'opération aérienne "Tempête décisive" (devenue un mois après "Restaurer l'espoir") pour contrer l'avancée de rebelles chiites accusés d'être soutenus par l'Iran.

Ces rebelles tiennent déjà la capitale Sanaa, toujours sous leur emprise aujourd'hui ainsi que de larges parties du nord, du centre et de l'ouest.

Le président Abd Rabbo Mansour Hadi se réfugie à Ryad.

Depuis l'été dernier, la coalition a ajouté à ses avions des centaines de soldats au sol.

- Trêves avortées -

Le 17 avril 2015, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon appelle à un cessez-le-feu immédiat. Trois jours avant, le Conseil de sécurité sommait les rebelles de se retirer des territoires conquis, sanctions à l'appui (résolution 2216).

Des pourparlers gouvernement/rebelles parrainés par l'ONU débutent mi-juin 2015, suivis d'une session infructueuse en décembre. Trois cessez-le-feu échouent et la rupture en janvier 2016 des relations diplomatiques entre Ryad et Téhéran entrave les efforts de paix.

- Aden "libérée" -

Le 17 juillet 2015, le gouvernement annonce la "libération" de la province d'Aden (sud), premier succès des forces progouvernementales appuyées par la coalition.

Les loyalistes parachèvent jusqu'à mi-août la reprise des provinces du sud mais peinent à les sécuriser en raison notamment de la présence de jihadistes.

- Massacres et crise humanitaire -

Le 28 septembre 2015, le bombardement d'une salle de mariage à Mokha (sud-ouest) fait 131 morts, dont des femmes et des enfants. Imputée à la coalition qui dément, l'attaque est la plus meurtrière d'une série de bombardements similaires.

En juillet, l'ONU avait déclaré l'urgence humanitaire maximale, avec 2,5 millions de déplacés et 80% de la population nécessitant une assistance humanitaire.

La coalition arabe, soupçonnée en outre d'utiliser des armes à sous-munitions, a tué deux fois plus de civils que toutes les autres forces, selon l'ONU.

- Offensives difficiles -

Le 18 février 2016, Ryad affirme que la coalition poursuivra ses opérations jusqu'au rétablissement du gouvernement légitime qui a repris avec son aide "plus des trois-quarts du territoire".

Début octobre, les loyalistes ont repris le détroit stratégique de Bab Al-Mandeb. Depuis l'été dernier, ils poursuivent une offensive malaisée dans la province de Taëz (sud-ouest) et une autre dans celle de Marib (centre).

La coalition a subi des pertes, notamment lors d'une attaque de missile attribuée aux rebelles (4 septembre 2015) tuant 67 soldats. Les Emirats arabes unis ont annoncé plus de 70 soldats tués.

- Menace jihadiste -

Profitant du chaos général, un nouvel ennemi gagne du terrain dans le sud du pays: les jihadistes d'Al-Qaïda et deux de l'organisation Etat islamique (EI).

Al-Qaïda est bombardée le 12 mars 2016 à Aden par la coalition puis dix jours après par les Américains (71 morts) dans le Hadramout (sud-est). L'EI a notamment revendiqué des attentats contre des lieux de culte chiites à Sanaa ainsi que contre les forces de sécurité et les symboles de l'Etat dans le sud du pays.

- Nouvelle trêve -

Le porte-parole de la coalition arabe, le général saoudien Ahmed al-Assiri, annonce le 16 mars la fin prochaine de la "phase des combats majeurs", à la satisfaction de Washington. L'ONU annonce le 23 mars un cessez-le-feu, qui est entré en vigueur le 10 avril. De nombreuses violations de cette trêve ont toutefois été signalées.

Les protagonistes du conflit yéménite devaient se retrouvent le 18 avril au Koweït pour de nouveaux pourparlers sous l'égide de l'ONU.

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