NOUVELLES
18/04/2016 02:36 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Un haut responsable russe prône un plus grand contrôle des médias et des ONG

Le chef du principal service d'enquêtes en Russie, Alexandre Bastrykine, a prôné lundi un plus grand contrôle des médias et des ONG et proposé de s'inspirer du modèle chinois pour faire face à la "propagation de l'extrémisme" et aux "tentatives de déstabilisation" occidentales.

Le directeur du Comité d'enquête a également appelé à criminaliser les "tentatives de falsification" de l'histoire russe, en sanctionnant notamment ceux qui ne reconnaissent pas le résultat du référendum qui a précédé l'annexion en mars 2014 de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie.

"Il est temps d'opposer une barrière efficace à la guerre de l'information" menée par les Occidentaux, a déclaré M. Bastrykine dans une interview à l'hebdomadaire Vlast, accusant Washington et ses alliés à chercher à "propager l'extrémisme" en Russie.

M. Bastrykine a ainsi proposé d'organiser des "inspections d'ampleur" de toutes les ONG religieuses, ethniques et culturelles, ainsi que des organisations de jeunesse soupçonnées d'"activités extrémistes".

Il appelle également les autorités russes à s'inspirer de la Chine, qui a interdit en mars aux entreprises étrangères toute publication en ligne afin de contenir l'influence occidentale dans le pays et proposé de bloquer l'accès aux sites internet considérés comme extrémistes dans les lieux publics.

Selon lui, 1.329 crimes à caractère extrémiste ont été enregistrés en Russie en 2015, soit 28,5% de plus qu'en 2014, et les appels publics à l'extrémisme et l'incitation à la haine sont également en forte hausse.

"Il faut une réponse sévère, adéquate et symétrique" à ces actions, a-t-il plaidé, évoquant le "risque d'intensification" des actions visant à déstabiliser le pays à l'approche des élections législatives, prévues en septembre en Russie.

Le président russe Vladimir Poutine avait déjà évoqué en mars des "tentatives étrangères pour discréditer et déstabiliser les autorités, en utilisant des ONG ou des associations politisées", mettant en garde contre le risque de "provocations" organisées par des services secrets étrangers.

Une loi oblige depuis 2012 les ONG qui reçoivent un financement de l'étranger et qui ont une "activité politique" à s'enregistrer en tant qu'"agents de l'étranger". Cette loi a été complétée par une autre permettant d'interdire dans le pays les actions d'organisations jugées "indésirables".

mp/pop/gmo/jh