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18/04/2016 05:30 EDT | Actualisé 19/04/2017 01:12 EDT

Turquie: nouveau coup de filet dans les milieux proches de l'ennemi juré d'Erdogan

La police turque a interpellé lundi 105 personnes soupçonnées d'appartenir au réseau du prédicateur Fethullah Gülen, ancien allié devenu ennemi juré du président Recep Tayyip Erdogan, a rapporté l'agence de presse progouvernementale Anatolie.

Les suspects, parmi lesquels se trouvent des dirigeants de l'entreprise de construction Dumankaya et des employés de Bank Asia, un important établissement bancaire mis sous tutelle par le gouvernement l'année dernière, ont été placés en garde à vue, a précisé Anatolie.

Au total, 140 personnes accusées d'"appartenir à une organisation terroriste" et de "financer le terrorisme" sont visées par un mandat d'arrêt dans le cadre d'une enquête baptisée "Assistance" et menée par la brigade financière de la sûreté d'Istanbul.

Les enquêteurs les soupçonnent d'avoir apporté un soutien financier d'environ 50 millions de livres turques (plus de 15 millions d'euros) entre 2004 et 2015 au mouvement du prédicateur Fethullah Gülen.

Ancien allié de M. Erdogan, M. Gülen, qui dirige depuis les Etats-Unis un puissant réseau d'écoles, d'ONG et d'entreprises sous le nom d'Hizmet (Service, en turc), est devenu son "ennemi public numéro un" depuis un scandale de corruption de la fin 2013.

Le chef de l'Etat accuse depuis le prédicateur d'avoir mis en place un "Etat parallèle" destiné à le renverser, ce que les "gülenistes" nient.

Parmi les personnes interpellées lundi figurent deux membres du conseil d'administration de l'entreprise de construction Dumankaya Insaat, Halit Dumankaya et Semih Serhat Dumankaya, a rapporté Anatolie.

"Depuis le jour où elle a été fondée, Dumankaya a scrupuleusement respecté toutes ses obligations légales et financières", a réagi l'entreprise dans un communiqué.

Ces arrestations pourraient également avoir des conséquences sur le plan sportif : Dumankaya est le sponsor du maillot du club de football de Galatasaray, l'un des principaux en Turquie, avec qui elle a signé l'année dernière un contrat de trois ans d'une valeur de 30 millions de livres turques (environ 9 millions d'euros).

Depuis maintenant deux ans, les autorités turques ont multiplié les purges, notamment dans la police et le monde judiciaire, et les poursuites contre les proches de la nébuleuse Gülen et ses intérêts financiers.

Au début du mois, plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées au cours d'une vaste opération menée dans 22 provinces du pays.

Le mois dernier, le quotidien Zaman, considéré comme étant proche de l'imam Gülen, a été également placé sous tutelle, provoquant l'inquiétude en Europe et aux Etats-Unis.

gkg/gl